Méfaits associés aux opioïdes et aux stimulants au Canada Published: (mars 2021)

Contexte

L’éclosion de la COVID-19 aggrave la présente crise de santé publique de surdoses et de décès associés aux opioïdes, laquelle était déjà mortelle. Celle-ci a un impact tragique sur les personnes qui consomment des substances, leurs familles et les collectivités partout au Canada. Les personnes qui consomment des substances telles que des opioïdes, de la cocaïne et de la méthamphétamine font face à un certain nombre de risques accrus. Plusieurs juridictions ont d’ailleurs signalé des taux plus élevés de surdoses mortelles et d’autres méfaits.

Cette mise à jour comprend les données disponibles sur les décès, les hospitalisations et les interventions des services médicaux d'urgence impliquant des opioïdes et/ou des stimulants entre janvier 2016 et septembre 2020, lorsque disponibles. Reconnaissant que les méfaits associés aux opioïdes, aux stimulants, ainsi qu’à d’autres substances s’étendent au-delà des surdoses (empoisonnements) et des décès, nous continuons de travailler avec les partenaires fédéraux, provinciaux et territoriaux pour acquérir une compréhension globale des méfaits et des substances en cause afin de mieux faire face à la crise. Des études supplémentaires peuvent aussi aider à planifier et à adapter des actions pour obtenir les meilleurs résultats possibles.

Décès Télécharger le rapport de décès en format .pdf

Opioid deaths icon

19 355 décès apparemment liés à une intoxication aux opioïdes entre janvier 2016 et septembre 2020Note en bas de page 1Note en bas de page 2

  • 1 705 décès apparemment liés à une intoxication aux opioïdes sont survenus entre juillet et septembre 2020, similaire à avril et juin 2020 (1 646). Ce nombre représente le plus haut total par trimestre depuis le début de la surveillance nationale en 2016. Ce nombre représente également une augmentation de 120 % par rapport par rapport à la même période en 2019 (776).
  • Dans les six mois suivant l’implantation des mesures préventives pour faire face à la COVID-19 (avril à septembre 2020), 3 351 décès apparemment liés à une intoxication aux opioïdes sont survenus, représentant une augmentation de 74 % par rapport aux six mois précédents (octobre 2019 à mars 2020 – 1 923 décès).
  • Un certain nombre de facteurs ont probablement contribué à l’aggravation de la crise des surdoses, notamment un approvisionnement en drogues de plus en plus toxiques, un sentiment accru d’isolement, de stress et d’anxiété ainsi que la disponibilité et l’accessibilité limitée des services offerts aux personnes qui utilisent des drogues.
  • 96 % des décès de janvier à septembre 2020 étaient accidentels (non-intentionnels).
Opioid deaths icon

L’Ouest canadien le plus touché malgré des augmentations ailleurs au pays

  • Alors que l’Ouest canadien continue d’être la région la plus touchée du pays depuis 2016, les taux ont augmenté dans d’autres régions incluant l’Ontario. Toutefois, plusieurs juridictions ont observé une augmentation du taux de décès depuis le début de l’éclosion de COVID-19.
  • Entre janvier et septembre 2020, 85 % de tous les décès liés à une intoxication aux opioïdes sont survenus en Colombie-Britannique, en Alberta ou en Ontario.
Opioid deaths icon

La plupart des décès apparemment liés à une intoxication aux opioïdes parmi les hommes et les individus âgés entre 20 et 49 ans

  • Les hommes représentaient la majorité des décès accidentels apparemment liés à une intoxication aux opioïdes (77 %) entre janvier et septembre 2020 ; pour les hommes et les femmes, la majorité des décès était parmi les individus âgés entre 20 et 49 ans.
  • Les individus âgés entre 30 et 39 ans représentaient la proportion la plus élevée de décès accidentels liés à une intoxication aux opioïdes où le fentanyl (30 %) était impliqués de janvier à septembre 2020.
  • Un cinquième (22 %) des décès accidentels liés à une intoxication aux opioïdes parmi les femmes impliquait au moins un opioïde d’origine pharmaceutiqueNote en bas de page 3 à comparer à 10 % pour les hommesNote en bas de page 4.
Opioid deaths icon

Le fentanyl et les analogues du fentanyl continuent d’être les principaux moteurs de la crise

  • 82 % des décès accidentels apparemment liés à une intoxication aux opioïdes impliquaient du fentanyl en 2020 (janvier à septembre).
  • La majorité du fentanyl détecté dans les décès liés à une intoxication aux opioïdes était d’origine non-pharmaceutique (99 %) Note en bas de page 3Note en bas de page 4.
  • 86 % des décès accidentels apparemment liés à une intoxication aux opioïdes entre janvier et septembre 2020 impliquaient un opioïde d’origine non-pharmaceutique Note en bas de page 3Note en bas de page 4.
Opioid deaths icon

Nouvelles données sur les décès liés à une intoxication aux opioïdes et aux stimulants selon les données de six provinces et territoires

  • L’information disponible de six provinces et territoires indique que le nombre de décès impliquant un stimulant entre juillet et septembre est demeuré élevé et est similaire par rapport à ceux d’avril et juin. 98 % de ces décès étaient accidentels..
  • Plus de la moitié (60 %) des décès accidentels liés à une intoxication aux opioïdes en 2020 (janvier à septembre) impliquaient un stimulant, ce qui témoigne d’une crise liée à la polytoxicomanie.
  • 71 % des décès identifiés comme étant apparemment liés à une intoxication aux stimulants entre janvier et septembre 2020 impliquaient de la cocaïne, alors que 46 % impliquaient de la méthamphétamine.
  • 81 % des décès identifiés comme étant apparemment liés à une intoxication aux stimulants impliquaient également un opioïde en 2020 (janvier à septembre).
  • Les hommes représentaient la majorité des décès accidentels apparemment liés à une intoxication aux stimulants (77 %) entre janvier et juin 2020 ; pour les hommes et les femmes, la majorité des décès était parmi les individus âgés entre 20 et 49 ans.

Les données sur les décès apparemment liés à une intoxication aux opioïdes et aux stimulants ne sont pas mutuellement exclusives. Une grande proportion des décès impliquant un stimulant impliquait également un opioïde. Additionner ces chiffres surestimerait le fardeau total des opioïdes et des stimulants.

Hospitalisations Télécharger le rapport d'hospitalisations en format .pdf

Opioid hospitalization icon

23 240 hospitalisations pour intoxication aux opioïdes et 10 518 pour intoxication aux stimulants sont survenues entre janvier 2016 et septembre 2020 au Canada (excluant le Québec)

  • En 2020 (janvier à septembre), 3 784 hospitalisations pour intoxication aux opioïdes sont survenues, desquelles 67 % étaient accidentelles (non-intentionnelles).
  • Selon les données préliminaires, 1 400 hospitalisations pour intoxication aux opioïdes sont survenues entre juillet et septembre 2020, représentant une augmentation de 7 % par rapport à avril et juin 2020 et une augmentation de 31 % par rapport à janvier et mars 2020. Veuillez noter que les hospitalisations pour intoxication aux opioïdes de juillet à septembre 2020 ont augmenté de 23 % par rapport à la même période en 2019.
  • En 2020 (janvier à septembre), 1 846 hospitalisations pour intoxication aux stimulants sont survenues, desquelles 58 % étaient accidentelles (non-intentionnelles).
  • Selon les données préliminaires, 629 hospitalisations pour intoxication aux stimulants sont survenues entre juillet et septembre 2020, représentant une diminution de 12 % par rapport à avril et juin 2020 et une augmentation de 31 % par rapport à janvier et mars 2020. Veuillez noter que les hospitalisations pour intoxication aux stimulants de juillet à septembre 2020 ont augmenté de 20 % par rapport à la même période en 2019.
  • La durée médiane de séjour était de trois jours pour les hospitalisations pour intoxication aux opioïdes et de deux jours pour les hospitalisations pour intoxication aux stimulants (janvier 2016 à septembre 2020).
Opioid hospitalization icon

Les provinces de l’Ouest, l’Ontario et les Territoires sont les plus touchés

  • Alors que près de 90 % des hospitalisations pour intoxication impliquant des opioïdes et des stimulants sont survenues en Colombie-Britannique, Alberta et Ontario en 2020 (janvier à septembre), les provinces de l’Ouest ainsi que les Territoires continuent d’être les plus touchés par 100 000 personnes.
Opioid hospitalization icon

La plupart des hospitalisations accidentelles pour intoxication parmi les hommes et les personnes âgées de 20 à 49 ans

  • La plupart des hospitalisations accidentelles pour intoxication aux opioïdes sont survenues chez des hommes (64 %) et chez des personnes âgées de 20 à 49 ans (53 %) (janvier à septembre 2020).
  • La plupart des hospitalisations accidentelles pour intoxication aux stimulants sont survenues chez des hommes (70 %) et chez des personnes âgées de 20 à 49 ans (74 %) (janvier à septembre 2020).
Opioid hospitalization icon

Types d’autres substances utilisées avec les opioïdes et les stimulants en 2020 (janvier à septembre)

  • 27 % des hospitalisations pour intoxication aux opioïdes impliquaient du fentanyl ou des analogues du fentanyl et 20 % impliquaient des stimulants.
    • Plus d’hospitalisations pour intoxication accidentelle aux opioïdes impliquaient du fentanyl ou des analogues du fentanyl (31 %) que des hospitalisations intentionnelles pour intoxication aux opioïdes (14 %).
  • 42 % des hospitalisations pour intoxication aux stimulants impliquaient l’utilisation d’opioïdes (y compris du fentanyl ou des analogues du fentanyl), alors que 17 % des hospitalisations pour intoxication aux stimulants impliquaient du fentanyl ou des analogues du fentanyl.
    • Plus d’hospitalisations pour intoxication accidentelle aux stimulants impliquaient du fentanyl ou des analogues du fentanyl (25 %) que des hospitalisations intentionnelles pour intoxication aux stimulants (5 %).
  • 50 % des hospitalisations pour intoxication aux stimulants impliquaient de la cocaïne et 62 % impliquaient d’autres psychostimulants.
  • 33 % des hospitalisations pour intoxication aux opioïdes impliquaient l’utilisation d’autres substances non opioïdes, alors que 61 % des hospitalisations pour intoxication aux stimulants impliquaient l’utilisation d’autres substances non stimulantes.

Services médicaux d'urgence Télécharger le rapport de SMU en format .pdf

Opioid hospitalization icon

Plus de 20 700 interventions des services médicaux d’urgence (SMU) pour surdoses suspectées d’être liées aux opioïdes selon les données disponibles de neuf provinces et territoires entre janvier et septembre 2020

  • interventions des SMU pour surdoses suspectées d’être liées aux opioïdes sont survenues entre juillet et septembre 2020, représentant une augmentation de 13 % par rapport à avril et juin (7 608). Ce nombre représente le plus haut total par trimestre depuis le début de la surveillance nationale d’interventions des SMU en 2017. Ce nombre représente également une augmentation de 73 % par rapport à la même période en 2019 (4 975 interventions des SMU).
  • Au cours des six mois suivant l’implantation des mesures de prévention pour faire face à la COVID-19 (avril à septembre 2020), 16 200 interventions des SMU pour surdoses suspectées d’être liées aux opioïdes sont survenues, représentant une augmentation de 86 % par rapport aux six mois précédents (octobre 2019 à mars 2020 - 8 689 interventions des SMU).
  • À l’instar d’autres méfaits, des nombres plus élevés d’interventions des SMU pour surdoses suspectées d’être liées aux opioïdes sont survenues dans certaines provinces dont la Colombie-Britannique, l’Alberta et l’Ontario.
  • Un certain nombre de facteurs ont probablement contribué à l’aggravation de la crise des surdoses, notamment un approvisionnement en drogues de plus en plus toxiques, un sentiment accru d’isolement, de stress et d’anxiété ainsi que la disponibilité et l’accessibilité limitée des services offerts aux personnes qui utilisent des drogues.
Opioid hospitalization icon

Les hommes d’âge moyen continuent d’être les plus touchés

  • 75 % des interventions des SMU pour surdoses suspectées d’être liées aux opioïdes entre janvier et septembre 2020 concernaient des hommes.
  • 77 % étaient des personnes âgées entre 20 et 49 ans.

Notes de bas de page

Footnote 1

Les données du Manitoba d’octobre 2019 à septembre 2020 n’étaient pas disponibles au moment de cette mise à jour.

Retour à la référence de la note de bas de page 1 referrer

Footnote 2

Le total national pour la période de janvier 2016 à septembre 2020 inclut les décès de la Colombie-Britannique (2018 à 2020) et du Québec (2019 et 2020) associés à toutes drogues illicites incluant, mais ne se limitant pas aux opioïdes.

Retour à la référence de la note de bas de page 2 referrer

Footnote 3

Les opioïdes d’origine pharmaceutique se réfèrent aux opioïdes qui ont été manufacturés par une compagnie pharmaceutique et approuvés pour utilisation médicale chez les humains. Une origine pharmaceutique n’indique pas comment les opioïdes ont été obtenues (ex. prescription personnelle ou par d’autres moyens).

Retour à la référence de la note de bas de page 3 referrer

Footnote 4

Selon les données sur l’origine des opioïdes de 2020 de six provinces pour les décès avec enquêtes complétées.

Retour à la référence de la note de bas de page 4 referrer



Remerciements

Cette mise à jour ne serait pas possible sans la collaboration et le dévouement des bureaux provinciaux et territoriaux des coroners en chef et des médecins légistes en chef ainsi que nos partenaires provinciaux et territoriaux en santé et en santé publique et les fournisseurs de données des services médicaux d’urgence. Nous aimerions également remercier l’Institut canadien d’information sur la santé (ICIS) d’avoir collecté et fourni les données sur les hospitalisations pour intoxication aux opioïdes et stimulants.

Citation suggérée

Comité consultatif spécial sur l'épidémie de surdoses d'opioïdes. Méfaits associés aux opioïdes et aux stimulants au Canada. Ottawa : Agence de la santé publique du Canada, mars 2021. https://sante-infobase.canada.ca/mefaits-associes-aux-substances/opioides-stimulants


Date de modification :