Utilisation des antimicrobiens: Système canadien de surveillance de la résistance aux antimicrobiens (SCSRA)
Ce tableau de bord présente des informations intégrées provenant des systèmes de surveillance de l'ASPC sur les données relatives à l'utilisation d'antimicrobiens chez les humains et les animaux.
- Dernière mise à jour : 2024-11-28
Les antimicrobiens, en particulier les antibiotiques, sont un élément essentiel de la médecine moderne et sont régulièrement utilisés pour traiter et prévenir les infections. La résistance aux antimicrobiens (RAM) est un phénomène naturel qui se produit lorsque des bactéries, des virus, des champignons et des parasites évoluent au fil du temps de façon à résister aux effets des antimicrobiens utilisés pour traiter ou prévenir les infections. La surutilisation et la mauvaise utilisation des antibiotiques est un facteur bien connu d'accélération de la résistance aux antimicrobiens.
Le Système canadien de surveillance de la résistance aux antimicrobiens (SCSRA) intègre et synthétise les informations provenant de divers systèmes de surveillance et services de référence de laboratoire couvrant les humains, les animaux et les aliments afin de présenter des données sur la RAM et l'utilisation d'antimicrobiens (UAM) chez les humains (en milieu hospitalier et dans la communautaire) et chez les animaux.
Les données sur les ventes d'antimicrobiens destinés aux animaux proviennent du Système de rapport sur les ventes de médicaments vétérinaires antimicrobiens (RVMVA) de la Direction des médicaments vétérinaires de Santé Canada (DMV-SC) et du Programme intégré canadien de surveillance de la résistance aux antimicrobiens (PICRA) de l'Agence de la santé publique du Canada.
Principales constatations
Aperçu des résultats obtenus à partir des données sur l'utilisation et les ventes d'antimicrobiens. Veuillez consulter le Système canadien de surveillance de la résistance aux antimicrobiens (SCSRA) : 2024 Principales conclusions pour un résumé complet.
L’utilisation d’antimicrobiens chez les humains
L'utilisation d'antimicrobiens chez les humains continue de diminuer, mais les prescriptions inappropriées sont fréquentes.
Entre 2018 et 2023, la consommation d'antimicrobiens dans le secteur des soins de santé a diminué dans toutes les juridictions canadiennes, et le nombre annuel d'ordonnances exécutées par les pharmacies de détail dans le secteur communautaire ainsi que le nombre total d'ordonnances ont diminué.
Au cours de la pandémie de COVID-19, on a observé une diminution constante du taux de prescription mensuel moyen, la baisse la plus importante ayant été enregistrée en 2020 et 2021. Toutefois, en 2023, c'est-à-dire à la fin de la pandémie, la prescription annuelle d'antimicrobiens n'a diminué que de 6,6 % par rapport à 2019. De 2018 à 2023, près d'un cinquième des prescriptions ont été jugées inappropriées ou sous-optimales dans les établissements de santé canadiens participants.
Les antimicrobiens vendus pour une utilisation chez les animaux
Dans l'ensemble, les antimicrobiens vendus pour une utilisation chez les animaux ont diminué.
Entre 2022 et 2023, après un ajustement en fonction de la biomasse ou de la taille de la population, la quantité d'antimicrobiens médicalement importants vendus pour être utilisés chez tous les animaux au Canada a diminué (de 3 %).
La quantité des ventes (mg/kg de biomasse) a augmenté pour :
- les bovins de boucherie (de 8 %)
- la volaille (de 39 %)
- les petits ruminants (de 20 %)
Tandis que les ventes (mg/kg de biomasse) ont diminué pour :
- les bovins laitiers (de 12 %)
- les veaux de boucherie (de 43 %)
- les porcs (de 17 %)
- les chevaux (de 10 %)
- l'aquaculture (de 30 %)
- les chats et les chiens (de 6 %)
Le Canada comparé aux pays européens
En 2022, par rapport aux 29 pays européens déclarant à l'ESAC-Net une consommation totale (combinant l'utilisation dans les secteurs des soins de santé et de la communauté), le Canada était le dixième plus faible consommateur d'antimicrobiens par habitant. Dans le secteur animal, en 2022, le Canada se classait au quatrième rang des pays pour ce qui est des quantités (mg/PCU) d'antimicrobiens vendus pour être utilisés chez les animaux de production (y compris les chevaux), comparativement aux 31 pays européens ayant fourni des données à l'ESVAC.
Remarques
- Pour les humains, les autres classes comprennent : les bacitracines, les céphalosporines de 5e génération, les combinaisons d'inhibiteurs de bêta-lactamase de céphalosporine, la fosfomycine, l'acide fusidique, les glycopeptides, les lipopeptides, les monobactames, les nitrofuranes, les nitroimidazoles, les oxazolidinones, les phénicolés, les carbapénèmes et les polymyxines.
- Pour les animaux, les autres classes comprennent : les aminocoumarines, les aminocyclitols, les amphénicols, les inhibiteurs de la β-lactamase, les polypeptides cycliques, l'acide fusidique, les glycopeptides, les nitrofurantoins, les nitroimidazoles, les orthosomycines, les dérivés de l'acide phosphonique, les pleuromutilines, les polymyxines, les acides pseudomoniques, les streptogramines, les carbapénèmes, et les agents thérapeutiques contre la tuberculose.
Source : IQVIA et RVMVA.
Consommation humaine et ventes d'antimicrobiens pour animaux au Canada
Entre 2018 et 2023, en notant qu'il y avait au minimum 22 fois plus d'animaux que de personnes au Canada, la quantité moyenne (en kg) d'antimicrobiens médicalement importants vendus pour être utilisés chez les animaux était environ 4 fois supérieure à la quantité consommée par les humains. Après ajustement en fonction de la biomasse, presque la même quantité d'antimicrobiens a été utilisée chez les humains (90 mg/kg de biomasse) que celle vendue pour être utilisée chez les animaux (86 mg/kg de biomasse).
En 2023, après ajustement pour la biomasse, la quantité de tétracyclines vendues pour une utilisation chez les animaux était 16 fois supérieure à la quantité consommée par les humains. De même, les humains consommaient 14 fois plus de céphalosporines de 3ème et 4ème génération et 36 fois plus de fluoroquinolones qu'ils n'en vendaient pour les animaux. Il convient de noter qu'aucune céphalosporine de la 4ème génération n'est approuvée pour l'utilisation chez les animaux au Canada et qu'aucun pays n'a approuvé l'utilisation de céphalosporines de la 5ème génération ou de carbapénèmes pour l'utilisation chez les animaux.
En 2023, les trois principales classes d'antimicrobiens consommées chez l'homme étaient :
- les pénicillines (75 479 kg)
- les céphalosporines de 1ère et 2ème génération (37 882 kg)
- les sulfamides (14 688 kg)
En 2023, les trois premières classes d'antimicrobiens médicalement importants avec les plus grandes quantités vendues pour une utilisation chez les animaux étaient :
- les tétracyclines (490 411 kg)
- les macrolides (101 093 kg)
- les pénicillines (95 046 kg)
Secteur
- Soins de santé
- Communauté
- Animaux
Comparaison entre la consommation canadienne et européenne d'antimicrobiens chez les humains et d'antimicrobiens vendus pour une utilisation chez les animaux en 2022
- En 2022, le Canada était le dixième plus faible consommateur d'antimicrobiens par habitant par rapport aux 29 pays européens déclarant au réseau ESAC-Net pour la consommation totale (combinant l'utilisation d'antimicrobiens dans les secteurs des soins de santé et de la communauté), tandis que le Canada se classait au quatrième rang en termes de quantités (mg/PCU) d'antimicrobiens vendus pour être utilisés chez les animaux de production (y compris les chevaux) par rapport aux pays européens déclarant au réseau ESVAC.
- Les données de l'UAM humaine montrent que le Canada a consommé près de 50 % d'antimicrobiens de plus que les Pays-Bas (le pays ayant la plus faible consommation) et 59,7 % de moins que la quantité consommée par Chypre (le pays ayant la plus forte consommation).
- Les données de l'AMU animale montrent que la quantité vendue pour une utilisation chez les animaux de production (mg/PCU) était trois fois supérieure à la médiane des pays européens participants.
Remarques
- Il convient de noter que les indicateurs utilisés pour mesurer l'uam chez les humains et les ventes d'antimicrobiens chez les animaux sont différents, et qu'il faut faire preuve de prudence lorsqu'on établit des comparaisons entre ces deux types d'indicateurs.
- Consommation humaine d'antimicrobiens :
- Les données de la figure ci-dessus indiquent les totaux pour la consommation humaine, y compris les données combinées des secteurs des soins de santé et de la communauté, le cas échéant. En Allemagne, seules les données du secteur communautaire ont été incluses car les données du secteur des soins de santé n'ont pas été rapportées dans les données ESAC-Net par ce pays.
- L'indicateur utilisé pour l'utilisation d'antimicrobiens chez les humains est la dose quotidienne définie (DDD) pour 1 000 habitants par jour (groupe ATC J01).
- Ventes d'antimicrobiens pour animaux :
- Les données relatives aux animaux concernent uniquement les animaux de production (y compris les chevaux), à l'exclusion des chiens et des chats.
- L'indicateur utilisé pour les ventes d'antimicrobiens pour animaux est le milligramme par population correction unit (mg/PCU). PCU est une mesure de la biomasse animale (la taille de la population). Pour le Canada, la métrique utilisée est le mg/PCUEU, qui utilise le poids des animaux européens, ce qui facilite une comparaison plus appropriée des ventes canadiennes d'antimicrobiens pour les animaux avec les ventes européennes.
Source : IQVIA, ESAC-Net, réseau ESVAC et RVMVA.
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