Programme intégré canadien de surveillance de la résistance aux antimicrobiens (PICRA) : Faits saillants et résultats intégrés

Le PICRA recueille, analyse et communique les tendances de l’utilisation des antimicrobiens et de la résistance aux antimicrobiens pour certaines bactéries provenant des humains, des animaux et de la viande vendue au détail à travers le Canada.

  • Dernière mise à jour : 2026-10-09

Cette page présente un résumé des faits saillants et des résultats intégrés du PICRA. Elle met en évidence les tendances importantes en matière de RAM et d’UAM en fonction des espèces hôtes, des espèces bactériennes, des antimicrobiens et des composantes de surveillance.

Les visualisations interactives sont mises à jour régulièrement et peuvent donc différer des rapports publiés du PICRA.

Sur cette page

  • Faits saillants
  • Résistance aux céphalosporines de 3e génération et utilisation
  • Salmonella producteurs de BLSE (bêta-lactamase à spectre étendu)
  • Salmonella Enteritidis résistants à l’acide nalidixique
  • Campylobacter résistants à la ciprofloxacine

Faits saillants

Année


Ventes d’antimicrobiens vétérinaires :

Entre 2020 et 2024, la quantité relative d’antimicrobiens médicalement importants (AMI) vendus pour une utilisation chez les animaux a diminué d’environ 13 % (mg/kg de biomasse). Cela inclut une diminution relative de 5 % (mg/kg de biomasse) entre 2023 et 2024. Toutefois, les ventes de catégorie IFootnote i (Très haute importance en médecine humaine) ont augmenté de 23 % sur la même période de 2020 à 2024 après ajustement pour la biomasse animale. Les ventes destinées à l’aquaculture ont augmenté de 226 % par rapport à 2020; cependant, l’augmentation en 2024 était inhabituelle, et des informations de nature anecdotique indiquent qu’elle pourrait être attribuée à une éclosion de maladie, ce qui aurait entraîné cette hausse.

Le classement du Canada est passé du 4e rang le plus élevé (en 2022) au 5e rang (en 2023) pour les ventes d’antimicrobiens destinés aux animaux, lorsqu’il est comparé aux pays européensFootnote ii. Les ventes canadiennes d’AMI pour les animaux étaient légèrement supérieures à la moyenne des Amériques, selon les données mondiales de l’ANIMUSEFootnote iii de l’Organisation mondiale de la santé animale (selon les données de 2022).

Utilisation des antimicrobiens (UAM) dans les fermes sentinelles :

Concernant la surveillance de fermes sentinelles de poulets de chair participant sur une base volontaire, l’UAM déclarée a augmenté de 10 % entre 2020 et 2024. Toutefois, depuis 2022, on observe chez les poulets de chair une diminution relative de l’UAM déclarée de 8 %, accompagnée de variations dans les catégories d’AMI déclarées (augmentation relative de 16 % de la catégorie III). Pour les dindons, malgré une diminution relative de 4 % depuis 2020, l’UAM a augmenté de 233 %Footnote iv depuis 2022 (hausse dans toutes les catégories). 9 En 2024, aucune utilisation de catégorie I n’a été déclarée pour les dindons. Pour les poules pondeuses, seuls des antimicrobiens de la catégorie III ont été déclarés. Pour les porcs en croissance-finition, bien qu’il y ait eu une diminution relative de 21 % de l’UAM déclarée entre 2020 et 2024, il y a eu une augmentation relative de 15 % entre 2023 et 2024 (mesurée en nDDDvetCA/1000 animaux- jours à risque). De plus, il y a eu une augmentation relative substantielle de l’utilisation d’antimicrobiens de la catégorie I entre 2020 et 2024 (bien que la catégorie I représente moins de 1 % de l’UAM totale déclarée). Pour les bovins en parc d’engraissement, l’UAM a diminué de 6 % par rapport à 2020, et l’utilisation d’antimicrobiens de la catégorie I (moins de 1 % de l’utilisation totale) a également diminué.

Résistance aux antimicrobiens (RAM) :

Nous observons des augmentations préoccupantes de certaines résistances dans plusieurs secteurs :

  • Le PICRA continue de détecter une augmentation des proportions de Salmonella Enteritidis résistants à l’acide nalidixique provenant de poulets en santé à l’abattoir, de viande de poulet et d’échantillons humains. Cette hausse semble attribuable à l’émergence d’une mutation (D87Y) dans le gène de la gyrase A (gyrA)Footnote v.
  • La résistance à la ciprofloxacine de Campylobacter provenant de bovins en parc d’engraissement, de vaches laitières, de bovins en santé à l’abattoir, a continué d’augmenter. Cette tendance variait dans d’autres espèces/étapes de la chaîne alimentaire. Globalement, chez les humains, la résistance à la ciprofloxacine de Campylobacter est demeurée élevée (35 % en 2024) mais dont la tendance était variable.
  • Les Salmonella non typhiques producteurs de bêta-lactamases à spectre étendu (BLSE) provenant d’humains et d’animaux/d’aliments ont continué d’augmenter. En 2017, la fréquence était de moins de 0,5 % chez les humains et les animaux/aliments; en 2024, elle atteint 1,9 % et 2,7 %, respectivement.

À l’inverse, certains profils de résistances préoccupants pour la santé publique sont rarement observés :

  • La résistance transmissible à la colistine (mcr) et les Salmonella non typhiques producteurs de carbapénémases étaient rarement détectés.
    • En 2024, la résistance transmissible à la colistine a été détectée dans deux isolats humains de Salmonella non typhiques et un isolat d’Aeromonas provenant d’un échantillon de saumon vendu au détail provenant du Canada.
    • Aucun Salmonella non typhique producteur de carbapénémase n’a été détecté chez les humains ou les animaux depuis 2018.

De plus, nous détectons ou suivons d'autres tendances en matière de RAM dans des secteurs individuels, telles que :

  • Dans les poulets de chair (abattoir), une augmentation de la résistance à la ciprofloxacine chez E. coli et Salmonella entre 2020 et 2024. Il y a eu une augmentation de la résistance à la ciprofloxacine dans les Salmonella provenant de poulet vendu au détail entre 2020 et 2024. .
  • Dans les produits de la mer vendus au détail, de la résistance à la colistine (Aeromonas dans un échantillon de saumon) et à la ciprofloxacine (un isolat d’E. coli provenant d’un pétoncle) en 2024.
  • Bien que rares, des isolats de Salmonella non typhiques présentant de la résistance de catégorie I, et également de la multirésistance aux médicaments, ont été trouvés dans l’environnement d’animaux malades entre 2020 et 2024.
  • Dans les échantillons d’eau brute/non traitée, 10 isolats de E. coli résistants à la ciprofloxacine ont été détectés en 2024.
  • Chez les humains, la fréquence de la résistance à la ciprofloxacine dans les Salmonella non typhiques a augmenté de 15 % entre 2020 et 2024 (33 % en 2024).

Nouvelle composante de surveillance :

En 2024, le PICRA a intégré une nouvelle composante de surveillance portant sur les données relatives aux ventes d’antifongiques fournies par l’Agence de réglementation de la lutte antiparasitaire de Santé Canada. La quantité totale de triazoles vendus comme pesticides dépassait la quantité totale d’antibiotiques médicalement importants vendus pour une utilisation chez les humains, les animaux et sur les plantes/cultures, combinée. Aucun des ingrédients actifs antifongiques vendus pour une utilisation sur les plantes/cultures n’est approuvé pour une utilisation chez les animaux ou les humains (bien qu’il existe d’autres triazoles approuvés pour une utilisation chez les humains et les animaux).

Note de bas de page

Entre 2019 et 2023, nous avons observé une stabilisation de la quantité d’antimicrobiens médicalement importants vendus pour être utilisés chez les animaux. Parallèlement, la quantité médiane d'antimicrobiens vendus pour être utilisés chez les animaux d'élevage continue de diminuer chaque année dans 31 pays du réseau européen. En conséquence, notre classement en matière de ventes d'antimicrobiens se détériore par rapport à l'Europe. À partir de notre surveillance de fermes sentinelles participant sur une base volontaire, entre 2019 et 2023, nous avons observé une diminution de l’UAM dans les fermes de poulets de chair, de dindons, de porcs en croissance-finition et dans les parcs d’engraissement de bovins. Dans les fermes laitières sentinelles, l’UAM a augmenté entre 2019 et 2022, ce qui pourrait être partiellement attribuable à une amélioration de la déclaration en 2021 et 2022. Les données de Pêches et Océans Canada ont montré une diminution de l’UAM dans les exploitations aquacoles entre 2019 et 2022, avec une hausse entre 2021 et 2022. Moins de 2 % de l’UAM rapportée (doses définies journalières par 1 000 animaux-jours à risque) par les fermes sentinelles terrestres concernait des antimicrobiens de catégorie I (considérés très importants en médecine humaine).

Parallèlement, nous observons une augmentation de certaines résistances préoccupantes. Il y a une hausse des Salmonella non typhiques produisant des bêta-lactamases à spectre étendu (BLSE) chez les humains, les animaux et dans les aliments vendus au détail. Le pourcentage de résistance à la ciprofloxacine chez les Campylobacter provenant d’animaux et d’aliments vendus au détail augmente, tout comme la quantité de fluoroquinolones vendues pour usage chez les animaux. Chez les humains, la tendance de la résistance à la ciprofloxacine chez Campylobacter était variable, mais le pourcentage global était élevé (≥30 %) ou très élevé (≥60 %) selon l’espèce de Campylobacter et l’année. En même temps, la quantité de fluoroquinolones utilisées chez les humains a diminué. Concernant la résistance transmissible à la colistine (mcr), en 2023, nous avons détecté des gènes mcr chez un isolat humain de Salmonella et un isolat d’Aeromonas provenant de crevettes importées. La résistance à l’acide nalidixique chez les Salmonella Enteritidis provenant de la volaille continue d’augmenter, tout comme la résistance à la gentamicine chez Campylobacter provenant de bovins en parc d’engraissement. La quantité de céphalosporines de troisième génération vendue pour usage chez les animaux a augmenté, mais la résistance à la ceftriaxone chez les E. coli et les Salmonella non typhiques provenant d’animaux et d’aliments vendus au détail est demeurée stable. Chez les bovins en parc d’engraissement, la fréquence de la résistance aux streptogramines chez Enterococcus a augmenté, en parallèle avec une hausse de l’utilisation déclarée de streptogramines dans les aliments pour animaux.

Alors que le PICRA continue de travailler en faveur d'une approche Une seule santé, nous avons de nouvelles données sur la RAM chez certaines bactéries provenant de l’eau, de l’environnement des fermes d’élevage, des ingrédients d’aliments pour animaux et des aliments composés destinés aux animaux, ainsi que de nouveaux produits vendus au détail. De la résistance aux antimicrobiens de catégorie I a été observée dans des isolats provenant de l’eau de surface et de l’environnement d’animaux malades. Des isolats de Salmonella non typhiques résistants, appartenant à des sérotypes pouvant causer des maladies chez les Canadiens, ont été détectés dans des ingrédients d’aliments et des aliments composés pour animaux. Le PICRA collabore également avec AMRNet-Vet pour examiner la RAM chez les agents pathogènes animaux à partir d’échantillons envoyés aux laboratoires de diagnostic vétérinaire, en commençant par les agents pathogènes responsables de la maladie respiratoire bovine. Cela complète notre surveillance des bovins en santé dans les parcs d’engraissement pour les mêmes agents pathogènes des voies respiratoires. Au cours des cinq dernières années, nous avons constaté de la résistance moindre à l’arrivée des bovins dans les parcs d’engraissement, mais une augmentation de la résistance au moment de la manipulation ultérieure des animaux (incluant de la multirésistance aux médicaments).

Parmi les autres avancées en matière de surveillance, notons les données de ventes d’antimicrobiens par province/région selon un dénominateur de biomasse, ainsi que l’inclusion de données sur la distribution d’antimicrobiens par les pharmacies communautaires pour usage chez les animaux de compagnie, incluant de petites quantités de carbapénèmes.

Résistance aux céphalosporines de 3e génération et utilisation

Résistance à la ceftriaxone chez des Salmonella non typhiques, des S. Heidelberg et des E. coli provenant de poulets et/ou d'humains, et utilisation/ventes de céphalosporines de troisième génération.

Importance :

Les céphalosporines de troisième génération sont considérées comme étant d’une très grande importance en médecine humaineFootnote 1 au Canada et dans le mondeFootnote 2. Bien que la salmonellose ne nécessite pas toujours un traitement chez les humains, lorsqu’un traitement est requis, les céphalosporines de troisième génération sont l’une des seules options disponibles pour les enfants et les femmes enceintesFootnote 3. Heidelberg est un sérotype (c.-à-d. une souche de Salmonella) qui a tendance à rendre les gens très maladesFootnote 3Footnote 4.

Des données à l’action :

Historiquement, au Canada, S. Heidelberg était l’un des sérotypes de Salmonella résistants aux céphalosporines de troisième génération les plus fréquemment signalés et détectés chez les volailles et les humainsFootnote 5. Une céphalosporine de troisième génération (le ceftiofur), était utilisée chez les poulets pour prévenir l’omphalite à E. coliFootnote 5.

À la suite du retrait volontaire du ceftiofur pour la prévention des maladies par l’industrie avicole en 2005, puis de nouveau en 2014, une réduction de la fréquence de la résistance à la ceftriaxone a été observée dans les isolats de Salmonellaprovenant de poulets de chair (poulets en santé à la ferme et à l’abattoir (c.-à-d. lors de l’abattage), de poulets malades (cas cliniques)) ainsi que dans la viande de poulet achetée en épicerie (Figure 1). De façon importante, une réduction de la résistance à la ceftriaxone des S. Heidelberg chez les humains a également été observée (Figure 1).

Chez les poulets, cette tendance a aussi été observée chez E. coli (Figure 1), ce qui renforce l’hypothèse d’une pression de sélection commune pour le déterminant de la résistance.

Depuis 2018, des S. Heidelberg résistants à la ceftriaxone n’ont pas été détectés chez les poulets de chair en santé à la ferme. De 2003 à 2019, S. Heidelberg figurait parmi les 3 principaux sérotypes chez les humains, représentant de 6 à 21 % des isolats humains de Salmonella. Toutefois, en 2023, S. Heidelberg représentait moins de 1 % des isolats humains et ne figurait plus parmi les 10 principaux sérotypes.

Mise à jour des données de 2024

Les conclusions de l’histoire demeurent inchangées. La détection de Salmonella Heidelberg continue de diminuer dans l’ensemble des espèces hôtes. La résistance à la ceftriaxone de S. Heidelberg demeure à de faibles niveaux chez les humains (4,8 % en 2024) et aucune résistance à la ceftriaxone n’a été observée chez des S. Heidelberg provenant de poulets de chair (tant chez les poulets en santé à la ferme qu’à l’abattoir), prélèvements cliniques diagnostiques provenant de poulets, ni dans le poulet vendu au détail. La fréquence de la résistance à la ceftriaxone est demeurée faible (< 6 %) dans les isolats d’E. coli provenant d’échantillons de poulets de chair (tant chez les poulets en santé à la ferme qu’à l’abattoir) et de viande de poulet vendue au détail.

Aucune utilisation du ceftiofur n’a été signalée dans les couvoirs approvisionnant les fermes de poulets de chair participant à la surveillance des fermes sentinelles du PICRA. En revanche, l’utilisation de la ceftriaxone chez les humains a continué d’augmenter, tant en milieu hospitalier (achats effectués par les hôpitaux) que dans les milieux communautaires (délivrances dans les pharmacies communautaires)Footnote i

Note de bas de page
Références

Figure 1. PICRA-RAC : Fréquence de la résistance à la ceftriaxone chez les isolats de Salmonella non typhiques et d’Escherichia coli provenant de poulets et/ou d’humains, et utilisation du ceftiofur dans les troupeaux de poulets de chair.

Passez le curseur sur le graphique linéaire ou à barres pour voir plus de détails. Cliquez sur un élément de la légende pour ajouter ou retirer les lignes correspondantes du graphique. Le texte en rouge dans l’info-bulle indique un faible nombre total d’isolats (moins de 20).

Figure 1 : Détails importants sur les données (les détails changent en fonction des filtres sélectionnés)
  • Pour les faibles nombres d’isolats (le texte en rouge dans l’info-bulle), les proportions doivent être interprétées avec prudence.
  • Les données de la ferme ne sont pas ajustées pour tenir compte du regroupement de plusieurs isolats provenant de la même ferme.
  • Les valeurs seuils utilisées pour l’interprétation des concentrations minimales inhibitrices, obtenues au moyen de tests de sensibilité aux antimicrobiens effectués sur des isolats bactériens, sont disponibles dans les tableaux sommaires.
  • La persistance de la grippe aviaire hautement pathogène a eu un impact sur le nombre de troupeaux sentinelles disponibles pour l’échantillonnage à la ferme depuis 2020 pour les poulets de chair.
  • Les isolats de viande de poulet vendue au détail provenaient de poitrines et de morceaux (par ex. : cuisses, pilons, ailes) jusqu’en 2022, après quoi, seuls des échantillons de poitrines ont été prélevés. Les échantillons ont été prélevés dans le cadre des programmes du PICRA et du RAC.
  • Les résultats relatifs aux poulets de chair à l’échelle de ferme proviennent d’échantillons fécaux regroupés prélevés chez des oiseaux en santé.
  • Les résultats présentés pour l’abattoir ont été obtenus à partir d’échantillons cæcaux prélevés chez des oiseaux en santé.
  • Les résultats présentés pour les cas cliniques peuvent inclure des animaux malades ou des animaux non malades provenant du même troupeau. Ces échantillons diagnostiques proviennent principalement de poules pondeuses ou de poulettes, mais peuvent aussi provenir de reproducteurs primaires de poules pondeuses ou de poulets de chair.
  • Veuillez noter le changement d'échelle de l'axe des y lorsque différentes séries de données sont comprises/exclues.
Figure 1 : Texte descriptif

Tableau 1 (a). PICRA-RAC : Fréquence de la résistance à la ceftriaxone chez les isolats de [Bacteria and subtype] au Canada

L'astérisque (*) met en évidence un petit nombre total d’isolats (moins de 20).

Tableau 1 (b). PICRA-RAC : Fréquence d’utilisation du ceftiofur dans les troupeaux de poulets de chair au Canada.

Salmonella producteurs de BLSE

Augmentation de la fréquence des Salmonella non typhiques producteurs de BLSE chez les humains, les animaux et dans les aliments vendus au détail.

Importance :

Les Salmonella producteurs de bêta-lactamases à spectre étendu (BLSE) sont résistants aux céphalosporines de troisième génération. Les Salmonella font partie de l’ordre des Enterobacterales. Les Enterobacterales producteurs de BLSE sont classés dans le « Niveau 1 : Groupe à priorité élevée » des agents pathogènes résistants aux antimicrobiens préoccupants au CanadaFootnote 1 et un groupe critique selon la Liste des agents pathogènes bactériens prioritaires de l’Organisation mondiale de la santé, 2024Footnote 2.

Ce que les données nous indiquent :

Les Salmonella non typhiques (SNT) producteurs de BLSE, provenant d’humains et de sources animales et/ou alimentaires, continuent d’augmenter de façon constante (Figure 1). Parmi tous les Salmonella testés, la fréquence des isolats producteurs de BLSE avant 2017 était de 0,5 % chez les humains (n = 27 isolats BLSE/5010 isolats SNT totaux) et de 0,1 % chez les animaux et dans les aliments vendus au détail (n = 2/2086). En 2023, ces fréquences sont passées à 1,6 % (n = 91/5843) chez les humains et à 1,7 % (n = 36/2113) chez les animaux et dans les aliments vendus au détail (Figure 1).

Chez les humains, parmi tous les Salmonella producteurs de BLSE détectés, le gène prédominant codant des BLSE (blaCTX-M-65) a diminué de 66 % en 2019 à 42 % en 2023, et la majorité des Salmonella qui étaient porteurs étaient des S. Infantis (n = 33). En revanche, le deuxième gène de BLSE le plus prédominant, blaCTX-M-55, est passé de 13% en 2019 à 37 % en 2023. La majorité des isolats porteurs du gène blaCTX-M-55 étaient des Salmonella I 4,[5],12:i:- (n = 22).

Chez les animaux et dans les aliments vendus au détail, parmi tous les isolats porteurs de BLSE, le gène prédominant codant des BLSE était le blaCTX-M-65, dont la proportion est passée de 24 % en 2018 à 59 % en 2022, puis à 80 % en 2023. En 2023, la majorité de ces isolats porteurs du gène blaCTX-M-65 étaient des S. Infantis (n = 21).

Mise à jour des données de 2024

Les isolats de SNT producteurs de BLSE détectés chez les humains et chez les animaux/dans les aliments ont continué d’augmenter, avec une hausse marquée chez les animaux/dans les aliments entre 2023 et 2024. Parmi tous les SNT testés en 2024, la fréquence des SNT producteurs de BLSE était de 1,9 % chez les humains et de 2,9 % chez les animaux/dans les aliments.

Le gène CTXM65 a augmenté tant dans les sources animales que dans les sources alimentaires que chez les humains. Salmonella Infantis était le sérotype le plus fréquemment associé à ce gène et ainsi, 95 % et 92 % des isolats porteurs de CTXM65 provenaient respectivement des humains et des animaux/des aliments entre 2017 et 2024.

Chez les humains, la fréquence du gène CTXM55 a augmenté depuis 2017, tandis que chez les animaux et/ou dans les aliments, la fréquence de ce gène variait entre 0,1 % et 0,5 % selon les années. Le sérotype de Salmonella I 4,[5],12:i:- était le plus fréquemment associé à ce gène, représentant 60 % et 37 % des isolats porteurs de CTXM55 provenant respectivement des humains et des animaux et/ou aliments entre 2017 et 2024.

Références

Figure 1. PICRA-RAC : Fréquence des Salmonella non typhiques producteurs des BLSE chez les humains, les animaux et dans les aliments vendus au détail.

Passez le curseur sur le graphique linéaire ou à barres pour voir plus de détails. Cliquez sur un élément de la légende pour ajouter ou retirer les lignes correspondantes du graphique. Le texte en rouge dans l’info-bulle indique un faible nombre total d’isolats (moins de 20).

Figure 1 : Détails importants sur les données
  • Cette visualisation ne comprend que les données sur les Salmonella non typhiques (incluant S. Paratyphi B var. Java).
  • Les résultats sont basés sur des tests génotypiques. Les détails du programme Staramr de l’ASPC, utilisé pour la prédiction de la résistance aux antimicrobiens (RAM) à partir des données de séquençage du génome entier, sont disponibles dans l’onglet Critères d’interprétation.
  • Les lignes dans la figure sont en pointillés puisque l’information provient de tests génotypiques.
  • Les révisions apportées aux dénominateurs (nombre total de SNT testés) pour les sources animales/alimentaires ont entraîné de légers ajustements aux fréquences de SNT producteurs de BLSE précédemment rapportées.
Figure 1: Texte descriptif

Tableau 1. PICRA-RAC : Fréquence des Salmonella non typhiques producteurs des BLSE chez les humains, les animaux et dans les aliments vendus au détail.

Salmonella Enteritidis résistants à l’acide nalidixique

Résistance à l’acide nalidixique chez des Salmonella Enteritidis provenant de poulet(s)

Importance :

Historiquement, les isolats de Salmonella Enteritidis provenant de poulets et de viande de poulet étaient presque 100 % sensibles à tous les antimicrobiens testés par le PICRA. Toutefois, en 2018, le PICRA a signalé l’émergence de S. Enteritidis résistants à l’acide nalidixique chez les poulets. L’acide nalidixique est une quinolone et de la résistance aux quinolones peut souvent précéder de la résistance aux fluoroquinolones. Ces isolats résistants à l’acide nalidixique présentaient également une sensibilité réduite aux fluoroquinolones. Les fluoroquinolones sont considérées comme d’une très grande importance en médecine humaineFootnote 1 au Canada et dans le mondeFootnote 2.

Salmonella Enteritidis est l’un des principaux sérotypes que l’on trouve chez les personnes atteintes de salmonellose et l’un des principaux sérotypes que l’on observe chez les poulets.

Ce que les données nous indiquent :

En 2018, de la résistance à l’acide nalidixique chez S. Enteritidis a été détectée pour la première fois dans les isolats du PICRA (n = 5 isolats), provenant de poulets en santé à l’abattoir, de poulets malades (cas cliniques) et de viande de poulet (Figure 1). Ces proportions sont demeurées relativement stables jusqu’en 2022, année où le PICRA a observé une hausse marquée de la résistance chez les isolats de poulets provenant de la ferme, de l’abattoir, de la vente au détail et des laboratoires de diagnostic (Figure 1). En 2023, de la résistance à l’acide nalidixique a été détectée dans les composantes/sources suivantes : viande de poulet (n = 21 isolats résistants/70 isolats totaux de S. Enteritidis), échantillons diagnostiques de poulets malades (n = 31/78), poulets en santé à l’abattoir (n = 6/31) et poulets de chair en santé à la ferme (n = 10/29) (Figure 1).

Cette hausse de la résistance semble être liée à une substitution GyrA (D87Y). Des analyses génomiques supplémentaires sont en cours, notamment l’analyse des gènes présents chez les isolats humains de S. Enteritidis.

Mise à jour des données de 2024

La résistance à l’acide nalidixique de Salmonella Enteritidis continue d’augmenter dans les isolats provenant de poulets en santé à l’abattoir ainsi que dans la viande de poulet vendue au détail. D’importantes hausses de la résistance à l’acide nalidixique ont également été observées dans les isolats humains de S. Enteritidis, la fréquence atteignant près de 60 % en 2024.

Depuis 2018, tous les isolats de S. Enteritidis résistants à l’acide nalidixique provenant des poulets de chair (à la ferme, à l’abattoir et des cas cliniques) ainsi que de la viande de poulet vendue au détail appartenaient à la séquence type 11 et présentaient une mutation (D87Y) dans le gène gyrA. Cette mutation du gène codant pour la gyrase A entraîne un changement d’acide aminé (D87Y) dans la protéine gyrase A, qui est la cible des fluoroquinolones.

Chez les humains, la proportion d’isolats de S. Enteritidis présentant cette mutation dans le gène gyrA (D87Y) a également fortement augmenté, et 99,4 % de ces isolats étaient eux aussi à la séquence type 11.

Complexifiant davantage la situation, cette mutation est également observée parmi des Salmonella Infantis chez les humains, passant de 11 % d’isolats Infantis en 2017 à 42 % en 2024.

Références

Figure 1. PICRA-RAC – Fréquence de la résistance à l’acide nalidixique chez Salmonella Enteritidis provenant de poulet(s)

Passez le curseur sur le graphique linéaire pour voir plus de détails. Cliquez sur un élément de la légende pour ajouter ou retirer les lignes correspondantes du graphique. Le texte en rouge dans l’info-bulle indique un faible nombre total d’isolats (moins de 20).

Figure 1 : Détails importants sur les données
  • Pour les faibles nombres d’isolats (le texte en rouge dans l’info-bulle), les proportions doivent être interprétées avec prudence.
  • Les données de la ferme ne sont pas ajustées pour tenir compte du regroupement de plusieurs isolats provenant de la même ferme.
  • Les valeurs seuils utilisées pour l’interprétation des concentrations minimales inhibitrices, obtenues au moyen de tests de sensibilité aux antimicrobiens effectués sur des isolats bactériens, sont disponibles dans les tableaux sommaires.
  • La persistance de la grippe aviaire hautement pathogène a eu un impact sur le nombre de troupeaux sentinelles disponibles pour l’échantillonnage à la ferme depuis 2020 pour les poulets de chair.
  • Les isolats de la viande de poulet vendue au détail provenaient d’échantillons de poitrines et de morceaux (par ex. : cuisses, pilons, ailes) jusqu’en 2022, après quoi, seuls les échantillons de poitrines ont été prélevés. Les échantillons ont été prélevés dans le cadre des programmes du PICRA et du RAC.
  • Les résultats relatifs aux poulets de chair à l’échelle de la ferme proviennent d’échantillons fécaux regroupés prélevés chez des oiseaux en santé.
  • Les résultats présentés pour l’abattoir ont été obtenus à partir d’échantillons caecaux prélevés chez des oiseaux en santé.
  • Les résultats présentés pour les cas cliniques peuvent inclure des animaux malades ou des animaux non malades provenant du même troupeau. Ces échantillons diagnostiques proviennent principalement de poules pondeuses ou de poulets de chair, mais peuvent aussi provenir de reproducteurs primaires de poules pondeuses ou de poulets de chair.
  • Les résultats chez l'humain étaient basés sur les phénotypes prédits à partir de tests génotypiques effectués à partir de 2018. Avant 2018, ils étaient basés sur des tests phénotypiques. Les détails du programme Staramr de l'ASPC, qui a été utilisé pour prédire la RAM à partir de données de séquençage du génome entier, sont disponibles dans l'onglet Critères d'interprétation.
  • Veuillez noter le changement d'échelle de l'axe des y lorsque différentes séries de données sont comprises/exclues.
Figure 1: Texte descriptif

Tableau 1 : PICRA-RAC – Fréquence de la résistance à l’acide nalidixique chez Salmonella Enteritidis provenant de poulet(s)

L'astérisque (*) met en évidence un petit nombre total d’isolats (moins de 20).

Campylobacter résistants à la ciprofloxacine

Résistance à la ciprofloxacine chez Campylobacter et fluoroquinolones vendues pour usage chez les animaux et les humains.

Importance :

Le PICRA surveille une tendance à la hausse de la résistance à la ciprofloxacine chez Campylobacter provenant de plusieurs espèces animales et à différentes étapes de la chaîne alimentaire. La ciprofloxacine est une fluoroquinolone. Les fluoroquinolones sont considérées comme étant d’une très grande importance en médecine humaineFootnote 1 au Canada et dans le mondeFootnote 2.

Ce que les données nous indiquent :

Entre 2022 et 2023, une augmentation de la résistance à la ciprofloxacine a été observée chez les Campylobacter provenant de toutes les espèces animales terrestres sous surveillance à l’échelle de la ferme (poulets de chair, poules pondeusesFootnote i, dindons, porcs, bovins laitiers et bovins en parc d’engraissement). Parmi les espèces animales d’élevage (à l’échelle de la ferme), l’ampleur de l’augmentation (différence en pourcentage) durant cette période variait entre 2 % et 20 %, avec des fréquences élevées de résistance à la ciprofloxacine en 2023 allant de 19 % à 46 %. Des analyses génomiques supplémentaires sont en cours pour mieux comprendre cette tendance chez plusieurs espèces hôtes.

Les données humaines sur Campylobacter proviennent de cas cliniques déclarés dans le cadre du Réseau aliments Canada. Dans l’ensemble, la résistance à la ciprofloxacine des Campylobacter d’origine humaine demeure stable, d’après les données disponibles jusqu’en 2022. Chez C. jejuni, les niveaux de résistance étaient élevés en 2018 et 2022 (respectivement 32 % et 30 %), bien qu'une tendance à la baisse ait été observée entre 2019 (45 %) et 2022 (30 %). Chez C. coliFootnote ii, la résistance à la ciprofloxacine était de 70 % en 2018 et de 60 % en 2022, mais une tendance à la hausse a été observée entre 2020 (33 %) et 2022 (60 %).

En 2023, plus de fluoroquinolones ont été vendues (ou destinées à être utilisées) chez les humainsFootnote iii que les animaux (intervalle pour les humains de 4,16 à 5,60 mg/kg de biomasse comparativement à l’intervalle pour les animaux de 0,04 à 0,11 mg/kg de biomasse). Entre 2019 et 2023, la quantité de fluoroquinolones destinée à un usage chez les humains a diminué de 26 % (de 5,60 à 4,16 mg/kg de biomasse). Tandis que chez les animaux, la quantité de fluoroquinolones vendue par les fabricants et les importateurs, bien que faible comparativement aux autres classes d’antimicrobiens, a augmenté de 38 % (de 0,08 à 0,11 mg/kg de biomasseFootnote iv).

Mise à jour des données de 2024

La résistance aux fluoroquinolones chez Campylobacter a continué d’augmenter en 2024 chez les bovins en parc d’engraissement, les bovins de l’abattoir et dans la viande de bœuf vendue au détail. L’augmentation observée chez les bovins en parc d’engraissement entre 2023 et 2024 était importante et marquée, la fréquence de la résistance atteignant près de 60 % en 2024.

La situation semble toutefois évoluer pour d’autres espèces à différentes étapes de la chaîne alimentaire, où la résistance aux fluoroquinolones chez Campylobacter devient plus variable, voire en diminution, chez les poulets de chair à la fermeFootnote v et dans la viande de dindon vendue au détail. Chez les humains, la tendance a été variable, avec des fréquences de résistance élevées variant entre 25 % et 44 % selon les années, et de la résistance de 35 % en 2024.

En 2024, une plus grande quantité de fluoroquinolones a été vendue (ou destinée à être utilisée) chez les humainsFootnote iii que chez les animauxFootnote 3 (humains : 3,97 mg/kg de biomasse ajustée selon la population ; animaux : 0,16 mg/kg de biomasse). Entre 2020 et 2024, la quantité de fluoroquinolones destinée à être utilisée chez les humains a diminué de 14 % (4,63 à 3,97 mg/biomasse ajustée selon la population).

Chez les animaux, la quantité de fluoroquinolones vendue par les fabricants et importateurs, bien que faible par rapport à d’autres classes d’antimicrobiens, a augmenté de 220 % (0,05 à 0,16 mg/kg de biomasse)Footnote iv.

Notes de bas de page
Références

Figure 1. PICRA-RAC : Fréquence de la résistance à la ciprofloxacine chez Campylobacter provenant des humains, des animaux et des aliments vendus au détail

Passez le curseur sur le graphique linéaire ou à barres pour voir plus de détails. Cliquez sur un élément de la légende pour ajouter ou retirer les lignes correspondantes du graphique. Le texte en rouge dans l’info-bulle indique un faible nombre total d’isolats (moins de 20).

Figure 1 : Détails importants sur les des données (les détails changent en fonction des filtres sélectionnés)
  • Pour les faibles nombres d’isolats (le texte en rouge dans l’info-bulle), les proportions doivent être interprétées avec prudence.
  • Les valeurs seuils utilisées pour l’interprétation des concentrations minimales inhibitrices, obtenues au moyen de tests de sensibilité aux antimicrobiens effectués sur des isolats bactériens, sont disponibles dans les tableaux sommaires.
  • Veuillez noter le changement d'échelle de l'axe des y lorsque différentes séries de données sont comprises/exclues.
Figure 1 : Texte descriptif

Tableau 1. PICRA-RAC : Fréquence de la résistance à la ciprofloxacine chez [bacteria] provenant de la composante de surveillance ([survComp])

L'astérisque (*) met en évidence un petit nombre total d’isolats (moins de 20).

Informations supplémentaires

Veuillez communiquer avec le PICRA si vous avez des questions au sujet de nos données ou si vous avez besoin de données supplémentaires. Pour plus d’informations, veuillez consulter le Programme intégré canadien de surveillance de la résistance aux antimicrobiens (PICRA) de l’Agence de la santé publique du Canada (ASPC), les Rapports sur les ventes de médicaments vétérinaires antimicrobiens (RVMVA), le Réseau aliments Canada (RAC) de l’ASPC et les visualisations interactives du RAC.

Remerciements

L’ASPC remercie sincèrement tous les collaborateurs du PICRA pour leurs efforts soutenus qui contribuent au succès continu de ce programme.

Citation suggérée

Agence de la santé publique du Canada. (YYYY (last updated)) PICRA : Faits saillants et résultats intégrés. Gouvernement du Canada. Disponible au : https://sante-infobase.canada.ca/picra/resultats-integre.html. Consulté le MM/DD/YYYY.

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