Enquête canadienne sur la consommation de substances: Sommaire des résultats

Faits saillants de l’Enquête canadienne sur la consommation de substances (ECCS) de 2025. Les données de tous les cycles de l’ECCS sont disponibles dans l’outil Consommation de drogues et d’alcool au Canada.

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Introduction

L’Enquête canadienne sur la consommation de substances (ECCS) est menée tous les deux ans par Santé Canada (SC). Elle vise à recueillir des données auprès de personnes âgées de 15 ans et plus vivant au Canada afin de déterminer la prévalence et les tendances liées à la consommation d’alcool et de drogues. Les données de l’ECCS servent à élaborer, mettre en œuvre et évaluer des stratégies, des politiques et des programmes entourant l’usage de l’alcool et des drogues au Canada. L’ECCS et les enquêtes qui l’ont précédée constituent depuis 2008 l’une des principales sources de données nationales sur la consommation de substances pour Santé Canada.

L’ECCS (auparavant l’Enquête canadienne sur l’alcool et les drogues - ECAD) a évolué au fil du temps. Des détails sur les changements méthodologiques figurent dans les notes techniques de l’ECCS 2023. La version 2025 de l’ECCS a suivi la même méthodologie de recrutement des répondants que celle de 2023.

Le sondage interroge les participants sur leur consommation des substances suivantes, peu importe la manière dont elles ont été obtenues :

Le présent résumé décrit les principaux faits saillants de la version 2025 et fournit une comparaison avec 2023. Les données ont été recueillies du 7 janvier 2025 au 5 janvier 2026 dans les dix provinces. Au total, 36 061 répondants ont rempli le sondage, et les résultats pondérés représentent 34,9 millions de personnes âgées de 15 ans et plus au Canada.

Un ensemble complet de figures présentant les résultats stratifiés selon des facteurs sociodémographiques est accessible en ligne au moyen de l'outil de données. Un fichier de microdonnées à grande diffusion (FMGD) est disponible sur le Portail du gouvernement ouvert.

Modifications au questionnaire en 2025

Quelques changements ont été apportés au questionnaire entre 2023 et 2025 afin d’en assurer la pertinence continue, de réduire la stigmatisation et d’appuyer une démarche d’amélioration continue. Le questionnaire de l’ECCS 2025 est accessible sur le Portail du gouvernement ouvert.

Ces changements comprenaient la réorganisation de questions, la séparation de substances auparavant regroupées et l’ajout de texte explicatif en langage clair. Les variations observées pour certains indicateurs peuvent refléter une meilleure qualité de la collecte de données plutôt que de réelles modifications du comportement. Ces nuances sont indiquées dans les résultats. Nous continuerons de suivre ces indicateurs dans les prochaines itérations et d’affiner les questions pour recueillir les données les plus exactes possible.

De plus, l’ECCS 2025 a élargi l’utilisation du test de dépistage de la consommation d'alcool, de tabac et d'autres substances (ASSIST : Alcohol, Smoking and Substance Involvement Screening Test) de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) pour inclure l’ensemble des substances. Un bref aperçu des résultats de cette section est inclus dans le présent résumé, offrant ainsi des informations clés sur le fardeau associé à la dépendance aux substances au Canada.

Principales conclusions

Consommation de substances chez la population générale

Figure 1 : Pourcentage et nombre de personnes âgées de 15 ans et plus au Canada déclarant avoir consommé des substances légalesNote de bas de page 2 au cours des 12 derniers mois, 2023-2025

Figure 1 : Texte descriptif

Comparaison entre 2025 et 2023 :

Autres constatations importantes pour 2025 :

Figure 2 : Pourcentage et nombre de personnes âgées de 15 ans et plus au Canada déclarant avoir consommé des substances illégales ou à surveiller au cours des 12 derniers mois, 2023-2025

Figure 2 : Texte descriptif

Les substances dont la prévalence de consommation au cours des 12 derniers mois est inférieure à 2 % ne sont pas illustrées dans la figure :

  • kétamine ou autres dissociatifs (1 %)
  • amphétamine ou méthamphétamine (0,9 %)
  • oxyde nitreux (0,7 %)
  • poppers ou nitrites d’alkyle (0,6 %)
  • stéroïdes (0,4 %)
  • GHB (0,3 %)
  • solvants (0,2 %)
  • kratom (0,2 %)
  • héroïne (0,1 %)
  • cannabinoïdes synthétiques (0,1 %)
  • méphédrone ou substances de type cathinone (0,1 %)
  • nitazènes (< 0,05 %)

Comparaison entre 2025 et 2023 : des augmentations statistiquement significatives ont été observées dans la consommation de kétamine ou autres dissociatifs, des amphétamines ou méthamphétamines, ainsi que du kratom.

À interpréter avec prudence :

La psilocybine était le psychédélique le plus fréquemment consommé. Parmi les personnes ayant consommé une substance illégale ou à surveiller au cours des 12 derniers mois, 43 % ont déclaré que la psilocybine était la seule substance illégale utilisée.

Consommation de substances chez les jeunes et les jeunes adultes

Figure 3 : Pourcentage et nombre de jeunes et de jeunes adultes (15-24 ans) ayant déclaré avoir consommé des substances légalesNote de bas de page 2 au cours des 12 derniers mois, 2023-2025

Figure 3 : Texte descriptif

En comparant 2025 à 2023, les résultats statistiquement significatifs indiquent une diminution de la consommation d’alcool, de cannabis et de sédatifs sur ordonnance.

À interpréter avec prudence : La consommation de stimulants sur ordonnance et d’opioïdes sur ordonnance a augmenté. Cette hausse pourrait être liée aux modifications du questionnaire, telles que décrites dans l’introduction. En 2025, les stimulants sur ordonnance étaient demandés sous le terme « médicaments pour le TDAH » plutôt que par leur nom de marque, et les opioïdes étaient demandés individuellement plutôt que regroupés par catégorie.

Toutes les autres prévalences sont restées similaires, incluant la consommation quotidienne de cigarettes, la consommation quotidienne de cigarettes électroniques et la consommation quotidienne ou quasi quotidienne de cannabis.

Tant en 2023 qu’en 2025, comparativement aux adultes âgés de 25 à 54 ans, les jeunes et les jeunes adultes étaient :

  • plus susceptibles d’avoir consommé du cannabis, des produits de vapotage et des stimulants sur ordonnance
  • tout aussi susceptibles d’avoir consommé des cigarettes et des sédatifs sur ordonnance
  • moins susceptibles d’avoir consommé de l’alcool et des opioïdes sur ordonnance

Figure 4 : Pourcentage et nombre de jeunes et de jeunes adultes (15-24 ans) ayant déclaré avoir consommé des substances illégales ou à surveiller au cours des 12 derniers mois, 2023-2025

Figure 4 : Texte descriptif

Chez les jeunes et les jeunes adultes, la consommation de la plupart des substances illégales ou à surveiller est demeurée stable entre 2023 et 2025. Le seul changement statistiquement significatif depuis 2023 a été une légère diminution de la consommation de cocaïne.

Tant en 2023 qu’en 2025, comparativement aux adultes âgés de 25 à 54 ans, les jeunes et les jeunes adultes étaient :

  • plus susceptibles d'avoir consommé des psychédéliques, de l'oxyde nitreux et des solvants.
  • tout aussi susceptibles d'avoir consommé les autres substances illégales ou à surveiller.

Sources des opioïdes, des sédatifs et des stimulants sur ordonnance

L’ECCS comprend des questions sur les sources des opioïdes, des sédatifs et des stimulants sur ordonnance. Cela permet de mesurer la part de la consommation attribuable à des produits obtenus en dehors du système médical.

Figure 5 : Parmi les personnes ayant consommé des opioïdes, des stimulants et des sédatifs sur ordonnance, pourcentage qui les ont obtenu à travers le système médical

Figure 5 : Texte descriptif

Dans la population, on estime que 3 % des personnes (1,2 million) ont obtenu une substance prescrite en dehors du système médical (en totalité ou en partie).

Six pour cent (6%) des jeunes et des jeunes adultes ont utilisé un produit prescrit obtenu en dehors du système médical, comparativement à 4 % des adultes âgés de 25 à 54 ans et à 1 % des adultes de 55 ans et plus.

Parmi les personnes ayant utilisé des produits obtenus en dehors du système médical, 79 % les ont obtenus auprès d’amis ou de membres de la famille avec leur consentement, 16 % auprès de trafiquants de drogues ou d’inconnus, et 8 % les ont pris sans demander la permission ou les ont volés.

Polyconsommation de substances

L’ECCS définit la polysubstance comme la consommation de deux substances ou plus en même temps ou lors d’une même occasion.

En 2025, les questions sur la polysubstance ont été limitées aux combinaisons les plus courantes et à haut risque afin de réduire le fardeau pour les répondants. Seules les combinaisons qui ont été mesurées à la fois en 2023 et en 2025 sont présentées ici.

En comparant 2025 à 2023, la consommation de polysubstances au cours des 12 derniers mois :

En 2025, les combinaisons de substances les plus courantes étaient :

Au cours des 30 derniers jours, 300 500 personnes ont déclaré une polyconsommation de substances quotidiennement.

Santé mentale et consommation de substances

Une mauvaise perception de sa propre santé mentale était associée à une prévalence plus élevée de la consommation de la plupart des substances, ainsi qu’à la polyconsommation de substances, tant en 2023 qu’en 2025.

En 2025, la prévalence de la consommation était au moins deux fois plus élevée chez les personnes ayant une mauvaise perception de leur santé mentale que chez celles ayant une perception positive de leur santé mentale pour les substances suivantes :

Chez les jeunes et les jeunes adultes, la consommation de la plupart des substances était plus élevée chez ceux ayant une mauvaise perception de leur santé mentale. Dans ce groupe d’âge, la consommation d’alcool suivait la même tendance.

Risque de dépendance à la consommation de substances

En 2025, l’ECCS a élargi l’utilisation du test de dépistage de la consommation d'alcool, de tabac et d'autres substances (ASSIST : Alcohol, Smoking and Substance Involvement Screening Test) de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), afin d’évaluer le risque potentiel de dépendance pour un plus grand nombre de substances. Bien que les outils de dépistage ne permettent pas de diagnostiquer un trouble lié à la consommation de substances, ils peuvent estimer le nombre de personnes présentant un risque élevé de dépendance aux substances.

Figure 6 : Nombre de personnes à risque élevé de dépendance aux substances, parmi les personnes ayant consommé des substances au cours des 3 derniers mois

Figure 6 : Texte descriptif

Une personne peut présenter un risque élevé de dépendance à plus d’une substance. Dans l’ensemble, on estime que 907 000 personnes (4 % des personnes ayant consommé au moins une substance au cours des trois derniers mois) au Canada présentent un risque élevé de dépendance.

Parmi les personnes présentant un risque élevé de dépendance à au moins une substance, 56 % présentaient un risque élevé de dépendance au cannabis, 45 % à l’alcool et 11 % aux stimulants.

Parmi toutes les substances mesurées, les personnes ayant consommé des dissociatifs au cours des trois derniers mois avaient la grande proportion de personnes à risque élevé de dépendance (11 %).

Le nombre de personnes considérées comme présentant un risque élevé de dépendance à la consommation de substances est probablement sous estimé. L’outil de dépistage n’a été administré qu’aux répondants ayant consommé une substance au cours des trois derniers mois. Étant donné que les troubles liés à la consommation de substances peuvent être épisodiques, certaines personnes n’ayant pas consommé de substance au cours des trois derniers mois peuvent néanmoins présenter un risque élevé de dépendance.

Besoin de traitement pour la consommation de substances

Ce qui suit présente le pourcentage (et le nombre de personnes) ayant déclaré avoir eu besoin de soins professionnels liés à leur consommation de substances. La « Recherche des soins » correspond au pourcentage des personnes ayant déclaré un besoin de soins qui ont tenté d’en obtenir, et « besoins entièrement comblés » représente le pourcentage des personnes qui ont trouvé des soins et reçu l’ensemble des services dont elles avaient besoin.

Figure 7 : Cascade de soins pour le traitement lié à la consommation de substances, par substance, parmi les personnes les ayant consommées au cours des 12 derniers mois

Figure 7 : Texte descriptif

Une personne peut percevoir un besoin de soins lié à plusieurs substances. L’analyse combinée des réponses sur le besoin perçu de soins montre que :

  • 123 500 personnes déclarent un besoin de soins lié à plus d’une substance
  • 650 000, lié uniquement à l’alcool
  • 483 500, lié uniquement au cannabis
  • 126 500, lié uniquement à une substance illégale ou à surveiller

Le besoin perçu de soins était plus de quatre fois plus élevé chez les personnes ayant une mauvaise perception de leur santé mentale que chez celles ayant une perception positive de leur santé mentale.

Notes techniques

La méthodologie utilisée pour la surveillance de la consommation de substances au Canada a évolué au fil du temps. Des renseignements détaillés sont disponibles dans les notes techniques de l’ECCS de 2023. Le recrutement pour l’ECCS de 2025 a suivi la même méthodologie qu’en 2023.

En 2025, le nombre final de répondants s’élevait à 36 061. Pour recruter ces personnes, plus de 1,2 million de numéros de téléphone ont été appelés par composition aléatoire. Environ la moitié des appels ont permis de joindre un répondant potentiel. Parmi ceux-ci, 114 373 ont accepté de recevoir le lien vers le questionnaire. Ce nombre comprend les personnes qui auraient participé mais qui étaient inadmissibles (âgées de moins de 15 ans ou vivant à l’extérieur des provinces canadiennes), ainsi que les questionnaires complétés et partiellement complétés.

La composition aléatoire ne permet pas d'identifier les personnes qui n'ont pas répondu, car il n'existe pas de liste exhaustive reliant les numéros de téléphone à des personnes ou à des ménages spécifiques. Cela signifie que les résultats ne peuvent pas être ajustés pour tenir compte de la non-réponse. Par conséquent, les marges d'erreur peuvent sembler plus faibles qu'elles ne le sont en réalité, ce qui peut donner l'impression que les conclusions sont plus précises et accroître le risque d'identifier des différences qui n'existent peut-être pas réellement dans la population.

Pour remédier à cela, les différences mentionnées dans le rapport ont été identifiées selon une approche prudente ; c'est-à-dire que lorsque les intervalles de confiance ne se chevauchaient pas, les différences ont été évaluées plus en détail à l'aide de facteurs contextuels, notamment l'ampleur de l'effet et des preuves corroborantes provenant d'autres sources de données. Cela a permis de s'assurer que les différences identifiées étaient significatives, cohérentes et peu susceptibles d'être des artefacts statistiques.

Pour 2025, les données ont été pondérées afin de correspondre aux projections démographiques de 2024 basées sur le Recensement de 2021, selon la province, l’âge et le sexe à la naissance.

Notes de bas de page

Note de bas de page 1

Substances illégales et autres substances à surveiller sont : les nitrites d'alkyle, l'amphétamine ou la méthamphétamine, la cocaïne, le GHB, l'héroïne, la kétamine ou autres dissociatifs, le kratom, le MDMA ou drogues de synthèse similaires, la méphédrone ou substances de type cathinone, les nitazènes, l’oxyde nitreux, les psychédéliques, les solvants, les stéroïdes et les cannabinoïdes synthétiques.

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Note de bas de page 2

"Légale" fait référence au statut légal de la substance, mais pas à la légalité de son utilisation pour chaque répondant en termes d'âge d'utilisation ou de provenance de la substance.

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