Stigmatisation et discrimination vécues par les personnes qui s’injectent des drogues : Système de surveillance rehaussée Track
Ce blog de données présente des informations sur la stigmatisation et discrimination vécues par les personnes qui s’injectent des drogues au Canada (Phase 5 de l’enquête Track, 2024).
- Dernière mise à jour : 2025-05-14
Ces résultats sont préliminaires. Ils n'incluent pas tous les résultats de la phase 5 de l’enquête Track. Ce blogue de données sera mis à jour lorsque la collecte des données sera terminée. Un lien vers le rapport complet sera fourni.
Sur cette page
- Contexte
- Source des données
- Données sociodémographiques
- Consommation de substances
- Stigmatisation et discrimination
- Remerciements
- Citation suggérée
- Notes de bas de page
Contexte
La stigmatisation et la discrimination, ancrées dans les inégalités systémiques, créent d’importants obstacles qui empêchent les gens d’accéder aux ressources dont ils ont besoin pour être en santé. Cela comprend les services pour les infections transmissibles sexuellement et par le sang (ITSS). L’accès peut être particulièrement difficile pour les populations qui subissent une stigmatisation et une discrimination disproportionnées. Cela touche les personnes qui consomment des drogues, mais surtout celles qui s’injectent des drogues.
Source de données
Track est un système de surveillanceNote de bas de page 1 dirigé par l’Agence de la santé publique du Canada (ASPC). Track recueille des données comportementales et biologiques. Il évalue la prévalence des ITSS parmi les populations clés. Il évalue également les comportements à risque qui y sont associés et les facteurs structurels, comme le racisme, l’incarcération, ou le logement, qui peuvent être liés au risque d’ITSS. Les populations clés prennent part à des enquêtes dans les sites participants à travers le Canada. Les enquêtes Track sont :
- anonymes
- périodiques — elles sont effectuées à plusieurs reprises au fil du temps
- multicentre — elles recueillent des données à plusieurs endroits
- transversales — elles présentent un groupe de personnes à un moment unique
Ce blogue de données présente les premiers résultats de la phase 5 de l’enquête Track parmi les personnes qui s’injectent des drogues. La phase 5 de cette enquête a débuté en décembre 2023. Elle se poursuivra jusqu’au début de 2025. Au total, 13 sites participent à cette phase provenant de sept provinces et d’un territoire (Colombie-Britannique, Alberta, Saskatchewan, Ontario, Québec, Nouveau-Brunswick, Terre-Neuve et Yukon).
L’enquête de la phase 5 auprès des personnes qui s’injectent des drogues incluait les personnes de 16 ans et plus qui se sont injecté des drogues au cours des 6 derniers mois. Jusqu’à présent, 1 173 personnes de 7 sites à travers le Canada ont participé. Ce blogue utilise les données préliminaires de ces sites (décembre 2023 à septembre 2024). Un rapport final sera rédigé lorsque la collecte de données dans les sites restants sera terminée.
Données sociodémographiques
Le tableau 1 résume les facteurs sociodémographiques clés des participants à l’enquête. De nombreux participants s’identifiaient comme blancs (59,9 %) ou autochtones (43,0 %). La plupart (86,2 %) avaient entre 25 et 54 ans. La majorité (62,4 %) s’identifiaient comme des hommes et 35,2 % comme des femmes (tableau 1).
Tableau 1. Portrait sociodémographique des participants à l’enquête Track auprès des personnes qui s’injectent des drogues au Canada, phase 5, 2024
* Les proportions ne totalisent pas 100 %. Les options n’étaient pas mutuellement exclusives puisque les participants pouvaient choisir plus d’une réponse.Consommation de substances
Tous les participants à l’enquête ont rapporté s’être injectés des substances et 96,5 % (n=1 119) ont également déclaré consommer des substances (en excluant l’alcool) par des méthodes autres que l’injection. Voici des exemples de méthodes autres que l’injection :
- inhaler
- renifler
- manger
- boire
La méthamphétamine et le fentanyl sont les drogues les plus couramment utilisées par injection et par non-injection. Il est important de noter que les participants peuvent utiliser plus d’une substance en même temps.
Remarque
- 483 (43.0%) participants ont rapporté avoir consommé de l’alcool.
Stigmatisation et discrimination
Au cours des 12 mois précédant l’enquête, la majorité des participants (80,9 %) ont été victimes d’au moins une forme de stigmatisation ou de discrimination. Les participants ont indiqué avoir été victimes de stigmatisation ou de discrimination pour plusieurs raisons. Les cinq raisons les plus courantes sont illustrées à la figure 3.
Environ la moitié des participants (46,6 %) ont évité les services de santé à cause de la stigmatisation et de la discrimination. Environ un dixième (10,1 %) ont évité le dépistage du VIH pour les mêmes raisons.
Les expériences de stigmatisation et de discrimination sont ancrées dans des obstacles structurels et sont très répandues chez les personnes qui s’injectent des drogues. La stigmatisation et la discrimination sont liées aux attitudes systémiques en lien avec des expériences de vie ou des caractéristiques sociodémographiques. Cela peut créer des obstacles à l’accès aux services de prévention et de soins de santé. Cela peut également avoir un impact sur la santé et le bien-être des personnes qui s’injectent des drogues.
Remerciements
L’équipe Track remercie chaleureusement les participants à l’enquête pour leur contribution, les équipes de sites sentinelles et les chercheurs principaux des sites (qui travaillent avec les autorités sanitaires régionales et locales, des chercheurs et des organismes communautaires) et le Laboratoire national de microbiologie. Nous remercions également les membres du Groupe de travail des personnes ayant de l’expérience vécue, pour leur révision de ce blog.
Citation suggérée
Stigmatisation et discrimination vécues par les personnes qui s’injectent des drogues : résultats préliminaires de l’enquête Track auprès des personnes qui s’injectent des drogues au Canada, phase 5, 2023-2025. Agence de la santé publique du Canada, Centre de la lutte contre les maladies transmissibles et les infections. 2025.
Ressources supplémentaires
- Résultats nationaux de l’enquête Track auprès des utilisateurs de drogues injectables au Canada, phase 4
- Surveillance des infections transmissibles sexuellement et par le sang
- COVID 19 et l'incidence sur les services liés aux infections transmissibles sexuellement et par le sang
Notes de bas de page
- Note de bas de page 1
-
Nous utilisons souvent le terme « surveillance » en santé publique. Il décrit la recherche en santé publique pour trouver les tendances dans les maladies infectieuses. Nous reconnaissons que la « surveillance » est également utilisée par les organismes d’application de la loi, la sécurité privée et d’autres pour des raisons différentes. Le terme peut soulever un malaise ou avoir des significations négatives pour certaines personnes et certaines communautés, en particulier :
- les personnes qui sont racisées
- les personnes qui sont bispirituelles, lesbiennes, gaies, bisexuelles, trans, queers, intersexes ou membres d’autres minorités sexuelles et de genre (2ELGBTQI+)
- les personnes qui consomment des drogues
- les personnes en situation d’itinérance
- d’autres populations en quête d’équité
Pour la surveillance Track, la quantité minimale de données nécessaires est recueillie. Toutes les données sont stockées en toute sécurité et leur accès est restreint. Il n’y a ni nom ni coordonnées dans ces données. Les rapports créés en utilisant ces données nationales portent sur les tendances, et non sur des individus. Les données sont recueillies pour éclairer l’action et contribuer à améliorer la santé et le bien-être des populations.
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