Méfaits associés aux opioïdes et aux stimulants au Canada Published: (juin 2022)

Contexte

On dispose de preuves que la pandémie de COVID-19 renforce la crise de santé publique nationale des surdoses, qui existait auparavant et était déjà mortelle. Cette crise un impact tragique sur les personnes qui consomment des substances, leurs familles et les collectivités partout au Canada. Les personnes qui consomment des substances telles que des opioïdes, de la cocaïne et de la méthamphétamine font face à un certain nombre de risques accrus. Plusieurs juridictions ont d’ailleurs signalé des taux plus élevés de surdoses mortelles et d’autres méfaits.

Ces mises à jour comprennent les données disponibles sur les surdoses et les décès impliquant des opioïdes et/ou des stimulants de janvier 2016 à décembre 2021, le cas échéant. Reconnaissant que les méfaits associés aux opioïdes, aux stimulants, ainsi qu’à d’autres substances s’étendent au-delà des surdoses (intoxications) et des décès, nous continuons de travailler avec les partenaires fédéraux, provinciaux et territoriaux pour acquérir une compréhension globale des méfaits et des substances en cause afin de mieux faire face à cette crise de santé publique. Des études supplémentaires peuvent aussi aider à planifier et à adapter des actions pour obtenir les meilleurs résultats possibles. Dre. Theresa Tam, administratrice en chef de la santé publique du Canada, et Dre. Jennifer Russell, médecin-hygiéniste en chef du Nouveau-Brunswick, partagent leurs points de vue sur ces données, la crise des surdoses et les mesures nécessaires pour prévenir d’autres méfaits liés aux substances au Canada dans cette déclaration conjointe.

Décès Télécharger le rapport de décès en format .pdf

Quoi : On a enregistré un nombre total de 29 052 décès apparemment liés à une intoxication aux opioïdes entre janvier 2016 et décembre 2021Note en bas de page 1Note en bas de page 2

  • Au cours de la première année de la pandémie, on a constaté une hausse de 96 % des décès apparemment liés à une intoxication aux opioïdes (avril 2020 à mars 2021, 7 362 décès) par rapport à l’année précédente (avril 2019 à mars 2020, 3 747 décès). Depuis, le nombre de décès demeure élevé.
  • Au total, 7 560 décès apparemment liés à une intoxication aux opioïdes ont été enregistrés en 2021 (janvier à décembre). Cela représente environ 21 décès par jour. Pour les mêmes périodes dans les années précédant la pandémie, on a relevé entre 8 (en 2016) et 12 (en 2018) décès par jour.
  • Un certain nombre de facteurs ont probablement contribué à l’aggravation de la crise des surdoses au cours de la pandémie, notamment un approvisionnement en drogues de plus en plus toxiques, un sentiment accru d’isolement, de stress et d’anxiété et les changements dans la disponibilité ou l'accessibilité des services offerts aux personnes qui utilisent des drogues.

Où : La plus grande partie des décès ont été enregistrés en Colombie-Britannique, en Alberta et en Ontario; des augmentations ont été observées dans d’autres régions.

  • Plusieurs juridictions ont observé des nombres et des taux records de décès en lien avec les impacts élargis de la pandémie de COVID-19.
  • En 2021 (janvier à décembre), 88 % de l’ensemble des décès accidentels apparemment liés à une intoxication aux opioïdes ont eu lieu en Colombie-Britannique, en Alberta ou en Ontario.
  • Des taux élevés ont également été observés dans d’autres régions, notamment au Yukon et en Saskatchewan.

Qui : La plupart des décès apparemment liés à une intoxication aux opioïdes concernent des hommes jeunes ou d’âge moyen.

  • Les hommes représentent la majorité (74 %) des décès accidentels apparemment liés à une intoxication aux opioïdes comptabilisés en 2021 (janvier à décembre).
  • Chez les hommes comme chez les femmes, la majorité des décès accidentels apparemment liés à une intoxication aux opioïdes étaient parmi des personnes âgées de 20 à 59 ans.

Pourquoi : La toxicité de l’approvisionnement demeure un facteur important de la crise.

  • Parmi tous les décès accidentels apparemment liés à une intoxication aux opioïdes survenus entre janvier à décembre 2021, 86 % impliquaient du fentanyl.
  • Parmi tous les décès accidentels apparemment liés à une intoxication aux opioïdes enregistrés entre janvier à décembre 2021, 81 % impliquaient que des opioïdes non pharmaceutiquesNote en bas de page 3Note en bas de page 4.

Données sur la polyconsommation de substances contribuant à la crise des surdoses

  • D’après l’information disponible dans six provinces et territoires, le nombre de décès apparemment liés à une intoxication aux stimulants pour 2021 (janvier à décembre) est élevé. Presque tous ces décès (98 %) sont accidentels.
  • Plus de la moitié (59 %) des décès accidentels liés à une intoxication aux opioïdes en 2021 (janvier à décembre) impliquaient un stimulant, ce qui témoigne d’une crise liée à la polyconsommation.
  • Parmi les décès accidentels apparemment liés à une intoxication aux stimulants enregistrés pour 2021 (janvier à décembre), 62 % impliquaient la cocaïne et 55 % des méthamphétamines.
  • Parmi les décès accidentels apparemment liés à une intoxication aux stimulants survenus en 2021 (janvier à décembre), 86 % impliquaient un opioïde.

Les données sur les décès apparemment liés à une intoxication aux opioïdes et aux stimulants ne sont pas mutuellement exclusives. Une grande proportion des décès impliquant un stimulant impliquait également un opioïde. Additionner ces chiffres surestimerait le fardeau total des opioïdes et des stimulants.

Hospitalisations Télécharger le rapport d'hospitalisations en format .pdf

Quoi : Il y a eu un total de 30 860 hospitalisations pour intoxication aux opioïdes et 13 575 hospitalisations pour intoxication aux stimulants de janvier 2016 à décembre 2021 au Canada (excluant le Québec)

  • Au cours de la première année de la pandémie, il y a eu une augmentation de 27 % des hospitalisations pour intoxication aux opioïdes (avril 2020 à mars 2021, 5 599 hospitalisations), par rapport à l'année précédente (avril 2019 à mars 2020, 4 426 hospitalisations). Depuis lors, les hospitalisations pour intoxication aux opioïdes ont continué d'augmenter.
  • Un total de 6 164 hospitalisations pour intoxication aux opioïdes ont eu lieu en 2021 (janvier à décembre). Cela représente environ 17 hospitalisations par jour. Dans les années précédant la pandémie, il y a eu entre 12 (en 2019) et 14 (en 2017) hospitalisations par jour.
  • Un total de 2 387 hospitalisations pour intoxication aux stimulants a eu lieu en 2021 (janvier à décembre). Cela représente environ sept hospitalisations par jour. Dans les années précédant la pandémie, il y avait entre cinq (en 2016) et six (en 2019) hospitalisations par jour.
  • La durée médiane totale du séjour à l'hôpital était de trois jours pour les hospitalisations pour intoxication aux opioïdes et pour celles aux stimulants en 2021 (janvier à décembre).
  • De toutes les hospitalisations pour intoxication aux opioïdes, 32 % impliquaient du fentanyl ou des analogues du fentanyl. Parmi les hospitalisations pour intoxication accidentelle liée aux opioïdes, la proportion impliquant du fentanyl était supérieure (35 %) à la proportion correspondante observée dans le cas des intoxications intentionnelles (18 %) en 2021 (janvier à décembre).

Les données sur les hospitalisations pour intoxication aux opioïdes et aux stimulants ne sont pas mutuellement exclusives. Une proportion des hospitalisations pour intoxication impliquant un stimulant impliquait également un opioïde. Le total sera une surestimation du fardeau réel des opioïdes et des stimulants.

Où : La majorité des hospitalisations ont eu lieu en Colombie-Britannique, en Alberta et en Ontario

  • Les taux d'hospitalisations pour intoxication aux opioïdes ainsi qu’aux stimulants demeurent les plus élevés en Colombie-Britannique, en Saskatchewan et en Alberta, suivis des Territoires et de l'Ontario.
  • En 2021 (janvier à décembre), 88 % des hospitalisations pour intoxication impliquant des opioïdes et 85 % des hospitalisations pour intoxication impliquant des stimulants ont eu lieu en Colombie-Britannique, en Alberta et en Ontario.

Qui : La plupart des hospitalisations pour intoxication accidentels parmi les hommes et les personnes âgées de 20 à 49 ans

  • La plupart des hospitalisations pour intoxication accidentelle aux opioïdes sont survenues chez des hommes (65 %) et chez des personnes âgées de 20 à 49 ans (58 %) en 2021 (janvier à décembre).
  • La plupart des hospitalisations pour intoxication accidentelle aux stimulants sont survenues chez des hommes (68 %) et chez des personnes âgées de 20 à 49 ans (72 %) en 2021 (janvier à décembre).

Hospitalisations pour intoxication associée à des substances multiples en 2021 (janvier à décembre)

  • De toutes les hospitalisations pour intoxication aux opioïdes, 28 % impliquaient une intoxication concomitante à une substance non opioïde, et 17 % impliquaient une intoxication concomitante à une substance stimulante.
    • Parmi les hospitalisations pour intoxication intentionnelle aux opioïdes, la proportion impliquant une intoxication concomitante à une substance non opioïde était supérieure (43 %) à la proportion correspondante observée dans le cas des intoxications accidentelles (24 %).
  • De toutes les hospitalisations pour intoxication aux stimulants, 61 % impliquaient une intoxication concomitante à une substance non stimulante; 43 % de toutes les hospitalisations pour intoxication aux stimulants impliquaient une intoxication concomitante à une substance opioïde (y compris le fentanyl ou les analogues du fentanyl), tandis que 24 % impliquaient spécifiquement du fentanyl ou des analogues du fentanyl.
    • Parmi les hospitalisations pour intoxication accidentelle liée aux stimulants, la proportion impliquant du fentanyl ou des analogues du fentanyl était supérieure (32 %) à la proportion correspondante observée dans le cas des intoxications intentionnelles (8 %).

Services médicaux d'urgence Télécharger le rapport de SMU en format .pdf

Quoi : Plus de 41 600 interventions des services médicaux d’urgence (SMU) pour des surdoses qu’on soupçonne liées aux opioïdes ont été enregistrées en 2021 (janvier à décembre).

  • Ce sont au total 41 686 interventions des SMU pour des surdoses qu’on soupçonne liées aux opioïdes qui ont eu lieu en 2021 (janvier à décembre), d’après les données disponibles de neuf provinces et territoires. Pour la même période en 2019, avant la pandémie, on comptabilisait 21 759 interventions des SMU, ce qui représente une augmentation de 92 %.
  • Un certain nombre de facteurs ont probablement contribué à l’aggravation de la crise des surdoses au cours de la pandémie, notamment un approvisionnement en drogues de plus en plus toxiques, un sentiment accru d’isolement, de stress et d’anxiété ainsi que des changements dans la disponibilité et l'accessibilité des services offerts aux personnes qui consomment des drogues.

Qui : Les hommes jeunes et d’âge moyen continuent à être les plus touchés.

  • Parmi les interventions des SMU pour des surdoses qu’on soupçonne liées aux opioïdes enregistrées en 2021 (janvier à décembre), 73 % concernaient des hommes.
  • La plus grande partie des interventions des SMU pour des surdoses qu’on soupçonne liées aux opioïdes entre janvier et décembre 2021 concernaient des personnes ayant entre 20 et 49 ans; avec toutefois des variations entre les provinces et les territoires.

Notes de bas de page

Footnote 1

Les données du Manitoba pour janvier à décembre 2021 n’étaient pas disponibles au moment de cette mise à jour.

Retour à la référence de la note de bas de page 1 referrer

Footnote 2

Le total national pour la période de janvier 2016 à décembre 2021 inclut les décès de la Colombie-Britannique (2018 à 2021) et du Québec (2020 à 2021) associés à toutes drogues illicites incluant, mais ne se limitant pas aux opioïdes.

Retour à la référence de la note de bas de page 2 referrer

Footnote 3

Selon les données sur l’origine des opioïdes de 2021 de huit provinces pour les décès avec enquêtes complétées.

Retour à la référence de la note de bas de page 3 referrer

Footnote 4

Les opioïdes d’origine pharmaceutique se réfèrent aux opioïdes qui ont été manufacturés par une compagnie pharmaceutique et approuvés pour utilisation médicale chez les humains. Une origine pharmaceutique n’indique pas comment les opioïdes ont été obtenus (ex. prescription personnelle ou par d’autres moyens).

Retour à la référence de la note de bas de page 4 referrer



Remerciements

Cette mise à jour ne serait pas possible sans la collaboration et le dévouement des bureaux provinciaux et territoriaux des coroners en chef et des médecins légistes en chef ainsi que nos partenaires provinciaux et territoriaux en santé et en santé publique et les fournisseurs de données des services médicaux d’urgence. Nous aimerions également remercier l’Institut canadien d’information sur la santé (ICIS) d’avoir collecté et fourni les données sur les hospitalisations pour intoxication aux opioïdes et aux stimulants.

Citation suggérée

Comité consultatif spécial sur l'épidémie de surdoses d'opioïdes. Méfaits associés aux opioïdes et aux stimulants au Canada. Ottawa : Agence de la santé publique du Canada, juin 2022. https://sante-infobase.canada.ca/mefaits-associes-aux-substances/opioides-stimulants


Date de modification :