Méfaits associés aux opioïdes et aux stimulants au Canada Published: (septembre 2022): Santé Infobase

Contexte

On dispose de preuves que la pandémie de COVID-19 renforce la crise de santé publique nationale des surdoses, qui existait auparavant et qui était déjà mortelle. Cette crise un impact tragique sur les personnes qui consomment des substances, leurs familles et les collectivités partout au Canada. Les personnes qui consomment des substances telles que des opioïdes, de la cocaïne et de la méthamphétamine font face à un certain nombre de risques accrus. Plusieurs juridictions ont d’ailleurs signalé des taux plus élevés de surdoses mortelles et d’autres méfaits.

Ces mises à jour comprennent les données disponibles sur les surdoses et les décès impliquant des opioïdes et/ou des stimulants de janvier 2016 à mars 2022, le cas échéant. Reconnaissant que les méfaits associés aux opioïdes, aux stimulants, ainsi qu’à d’autres substances s’étendent au-delà des surdoses (intoxications) et des décès, nous continuons de travailler avec les partenaires fédéraux, provinciaux et territoriaux pour acquérir une compréhension globale des méfaits et des substances en cause afin de mieux faire face à cette crise de santé publique. Des études supplémentaires peuvent aussi aider à planifier et à adapter des actions pour obtenir les meilleurs résultats possibles. Dre Theresa Tam, administratrice en chef de la santé publique du Canada, et Dre Jennifer Russell, médecin-hygiéniste en chef du Nouveau-Brunswick, partagent leurs points de vue sur ces données, la crise des surdoses et les mesures nécessaires pour prévenir d’autres méfaits liés aux substances au Canada dans la déclaration conjointe.

Décès Télécharger le rapport de décès en format .pdf

Quoi : On a enregistré un nombre total de 30 843 décès apparemment liés à une intoxication aux opioïdes entre janvier 2016 et mars 2022Note en bas de page 1Note en bas de page 2

  • Au cours des deux premières années de la pandémie, on a observé une augmentation de 91 % des décès apparemment liés à une intoxication aux opioïdes (avril 2020 à mars 2022, 15 134 décès) par rapport aux deux années précédente (avril 2018 à mars 2020, 7 906 décès).
  • Depuis le début de l’année 2022 (janvier à mars), 1 883 décès apparemment liés à une intoxication aux opioïdes ont été enregistrés. Cela représente environ 21 décès par jour. Pour les mêmes périodes dans les années précédant la pandémie, on a relevé entre 8 (en 2016) et 11 (en 2018) décès par jour.
  • Un certain nombre de facteurs ont probablement contribué à l’aggravation de la crise des surdoses au cours de la pandémie, notamment un approvisionnement en drogues de plus en plus toxiques, un sentiment accru d’isolement, de stress et d’anxiété et les changements dans la disponibilité ou l'accessibilité des services offerts aux personnes qui utilisent des drogues.

Où : La plus grande partie des décès ont été enregistrés en Colombie-Britannique, en Alberta et en Ontario; des augmentations ont été observées dans d’autres régions.

  • Plusieurs juridictions ont observé des nombres et des taux records de décès en lien avec les impacts élargis de la pandémie de COVID-19.
  • Depuis le début de l’année 2022 (janvier à mars), 90 % de l’ensemble des décès accidentels apparemment liés à une intoxication aux opioïdes ont eu lieu en Colombie-Britannique, en Alberta ou en Ontario.
  • Des taux élevés ont également été observés dans d’autres régions, notamment au Yukon.

Qui : La plupart des décès apparemment liés à une intoxication aux opioïdes concernent des hommes jeunes ou d’âge moyen.

  • Les hommes représentent la majorité (76 %) des décès accidentels apparemment liés à une intoxication aux opioïdes comptabilisés depuis le début de l’année 2022 (janvier à mars).
  • Chez les hommes comme chez les femmes, la majorité des décès accidentels apparemment liés à une intoxication aux opioïdes ont eu lieu parmi les personnes âgées de 20 à 59 ans.

Pourquoi : La toxicité de l’approvisionnement demeure un facteur important de la crise.

  • Sur l’ensemble des décès accidentels apparemment liés à une intoxication aux opioïdes survenus depuis le début de l’année 2022 (janvier à mars), 85 % impliquaient du fentanyl.
  • Sur l’ensemble des décès accidentels apparemment liés à une intoxication aux opioïdes survenus depuis le début de l’année 2022 (janvier à mars), 81 % impliquaient que des opioïdes non pharmaceutiquesNote en bas de page 3Note en bas de page 4.

Données sur la polyconsommation de substances contribuant à la crise des surdoses

  • D’après l’information disponible dans six provinces et territoires, le nombre de décès apparemment liés à une intoxication aux stimulants depuis le début de l’année 2022 (janvier à mars) est élevé. Presque tous ces décès (99 %) sont accidentels.
  • Un peu moins de la moitié (44 %) des décès accidentels liés à une intoxication aux opioïdes depuis le début de l’année 2022 (janvier à mars) impliquaient également un stimulant, ce qui reflète la polyconsommation associée à cette crise.
  • Parmi les décès accidentels apparemment liés à une intoxication aux stimulants enregistrés depuis le début de l’année 2022 (janvier à mars), 61 % impliquaient la cocaïne et 52 % des méthamphétamines.
  • Parmi les décès accidentels apparemment liés à une intoxication aux stimulants survenus depuis le début de l’année 2022 (janvier à mars), 85 % impliquaient un opioïde.

Les données sur les décès apparemment liés à une intoxication aux opioïdes et aux stimulants ne sont pas mutuellement exclusives. Une grande proportion des décès impliquant un stimulant impliquait également un opioïde. Additionner ces chiffres surestimerait le fardeau total des opioïdes et des stimulants.

Hospitalisations Télécharger le rapport d'hospitalisations en format .pdf

Quoi : Il y a eu un total de 32 319 hospitalisations pour intoxication aux opioïdes et 14 142 hospitalisations pour intoxication aux stimulants de janvier 2016 à mars 2022 au Canada (excluant le Québec)

  • Au cours des deux premières années de la pandémie, il y a eu une augmentation de 24 % des hospitalisations pour empoisonnement aux opioïdes (avril 2020 - mars 2022, 11 760 hospitalisations), par rapport à la période de deux ans précédente (avril 2018 - mars 2020, 9 470 hospitalisations).
  • Un total de 1 350 hospitalisations pour intoxication aux opioïdes ont eu lieu en 2022 (janvier à mars). Cela représente 15 hospitalisations par jour. Pour les mêmes périodes dans les années précédant la pandémie, il y avait entre 12 (en janvier-mars 2016) et 14 (en janvier-mars 2017) hospitalisations par jour.
  • Un total de 532 hospitalisations pour intoxication aux stimulants a eu lieu en 2022 (janvier à mars). Cela représente environ six hospitalisations par jour. Pour les mêmes périodes dans les années précédant la pandémie, il y a eu entre cinq (en janvier-mars 2016) et six (en janvier-mars 2019) hospitalisations par jour au cours de la même période.
  • La durée totale médiane du séjour à l'hôpital était de trois jours pour les hospitalisations pour intoxication aux opioïdes et aux stimulants en 2022 (janvier à mars).
  • De toutes les hospitalisations pour intoxication aux opioïdes, 32 % impliquaient du fentanyl ou des analogues du fentanyl en 2022 (janvier - mars). Parmi les hospitalisations pour intoxication accidentelle liée aux opioïdes, la proportion impliquant du fentanyl était supérieure (34 %) à la proportion correspondante observée dans le cas des intoxications intentionnelles (19 %) en 2022 (janvier - mars).

Les données sur les hospitalisations pour intoxication aux opioïdes et aux stimulants ne sont pas mutuellement exclusives. Une proportion des hospitalisations pour intoxication impliquant un stimulant impliquait également un opioïde. Le total sera une surestimation du fardeau réel des opioïdes et des stimulants.

Où : La majorité des hospitalisations ont eu lieu en Colombie-Britannique, en Alberta et en Ontario

  • Les taux d'hospitalisations pour intoxication aux opioïdes demeurent les plus élevés en Colombie-Britannique, en Alberta et en Saskatchewan, tandis que pour les hospitalisations pour intoxication aux stimulants, les taux les plus élevés ont été observés en Colombie-Britannique, en Saskatchewan, en Alberta et à Terre-Neuve-et-Labrador.
  • Depuis de début de l’année 2022 (janvier à mars), 89 % des hospitalisations pour intoxication aux opioïdes et 85 % hospitalisations pour intoxication impliquant des stimulants ont eu lieu en Colombie-Britannique, en Alberta et en Ontario.

Qui : La plupart des hospitalisations pour intoxication accidentels parmi les hommes et les personnes âgées de 20 à 49 ans

  • La plupart des hospitalisations pour intoxication accidentels aux opioïdes sont survenues chez des hommes (68 %) et chez des personnes âgées de 20 à 49 ans (54 %) en 2022 (janvier à mars).
  • La plupart des hospitalisations pour intoxication accidentels aux stimulants sont survenues chez des hommes (73 %) et chez des personnes âgées de 20 à 49 ans (71 %) en 2022 (janvier à mars).

Hospitalisations pour intoxication associée à des substances multiples en 2022 (janvier à mars)

  • De toutes les hospitalisations pour intoxication aux opioïdes, 28 % impliquaient une intoxication concomitante à une substance non opioïde, et 17 % impliquaient une intoxication concomitante à une substance stimulante.
    • Parmi les hospitalisations pour intoxication intentionnelle aux opioïdes, la proportion impliquant une intoxication concomitante à une substance non opioïde était supérieure (40 %) à la proportion correspondante observée dans le cas des intoxications accidentelles (25 %).
  • De toutes les hospitalisations pour intoxication aux stimulants, 61 % impliquaient une intoxication concomitante à une substance non stimulante; 43 % de toutes les hospitalisations pour intoxication aux stimulants impliquaient une intoxication concomitante à une substance opioïde (y compris le fentanyl ou les analogues du fentanyl), tandis que 22 % impliquaient spécifiquement du fentanyl ou des analogues du fentanyl.
    • Parmi les hospitalisations pour intoxication accidentelle liée aux stimulants, la proportion impliquant du fentanyl ou des analogues du fentanyl était supérieure (34 %) à la proportion correspondante observée dans le cas des intoxications intentionnelles (5 %).

Services médicaux d'urgence Télécharger le rapport de SMU en format .pdf

Quoi : Plus de 9 800 interventions des services médicaux d’urgence (SMU) pour des surdoses qu’on soupçonne liées aux opioïdes ont été enregistrées depuis le début de l’année 2022 (janvier à mars).

  • Ce sont au total 9 832 interventions des SMU pour des surdoses qu’on soupçonne liées aux opioïdes qui ont eu lieu depuis le début de l’année 2022 (janvier à mars), d’après les données disponibles de huit provinces et territoires. Pour la même période en 2019, avant la pandémie, on comptabilisait 6 120 interventions des SMU, ce qui représente une augmentation de 61 %.
  • Un certain nombre de facteurs ont probablement contribué à l’aggravation de la crise des surdoses au cours de la pandémie, notamment un approvisionnement en drogues de plus en plus toxiques, des sentiments accrus d’isolement, de stress et d’anxiété ainsi que des changements dans la disponibilité et l'accessibilité des services offerts aux personnes qui consomment des drogues.

Qui : Les hommes jeunes et d’âge moyen continuent à être les plus touchés.

  • Parmi les interventions des SMU pour des surdoses soupçonnées d’être liées aux opioïdes enregistrées depuis le début de l’année 2022 (janvier à mars), 72 % concernaient des hommes.
  • La plus grande partie des interventions des SMU pour des surdoses qu’on soupçonne liées aux opioïdes depuis le début de l’année 2022 (janvier à mars) concernaient des personnes ayant entre 20 et 49 ans; avec toutefois des variations entre les provinces et les territoires.

Notes de bas de page

Footnote 1

Les données du Manitoba pour octobre 2021 à mars 2022 et de l’Île-du-Prince-Édouard pour janvier à mars 2022 n’étaient pas disponibles au moment de cette mise à jour.

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Footnote 2

Le total national pour la période de janvier 2016 à mars 2022 inclut les décès de la Colombie-Britannique (2019 à 2022) et du Québec (2021 et 2022) associés à toutes drogues illicites incluant, mais ne se limitant pas aux opioïdes.

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Footnote 3

Selon les données sur l’origine des opioïdes de 2022 (janv. à mars) de huit provinces pour les décès avec enquêtes complétées.

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Footnote 4

Les opioïdes d’origine pharmaceutique se réfèrent aux opioïdes qui ont été manufacturés par une compagnie pharmaceutique et approuvés pour utilisation médicale chez les humains. Une origine pharmaceutique n’indique pas comment les opioïdes ont été obtenus (par ex., sur prescription personnelle ou par d’autres moyens).

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Remerciements

Cette mise à jour ne serait pas possible sans la collaboration et le dévouement des bureaux provinciaux et territoriaux des coroners en chef et des médecins légistes en chef ainsi que nos partenaires provinciaux et territoriaux en santé et en santé publique et les fournisseurs de données des services médicaux d’urgence. Nous aimerions également remercier l’Institut canadien d’information sur la santé (ICIS) d’avoir collecté et fourni les données sur les hospitalisations pour intoxication aux opioïdes et aux stimulants.

Citation suggérée

Comité consultatif spécial sur l'épidémie de surdoses d'opioïdes. Méfaits associés aux opioïdes et aux stimulants au Canada. Ottawa : Agence de la santé publique du Canada, septembre 2022. https://sante-infobase.canada.ca/mefaits-associes-aux-substances/opioides-stimulants


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