Progrès réalisés dans la lutte contre le cancer du col de l’utérus au Canada : Rapport
L’épidémiologie du cancer du col de l’utérus et les efforts visant à l’éliminer en tant que problème de santé publique.
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Dans ce rapport
Sommaire
- La cause principale du cancer du col de l’utérus est une infection persistante par un type à haut risque du virus du papillome humain (VPH).
- Au fil du temps, le dépistage du cancer du col de l’utérus et les progrès dans le traitement du cancer ont permis de réduire considérablement le taux normalisé selon l’âge des nouveaux cas et des décès.
- Entre 1969 et 2019, le taux normalisé selon l’âge des nouveaux cas de cancer du col de l’utérus chez les femmes a diminué de 66,0 %. Toutefois, une tendance récente à la hausse s’est amorcée avant la pandémie, et des inégalités subsistent. Les taux de cancer du col sont plus élevés chez les femmes vivant en région rurale et dans les quartiers à faible revenu.
- Le taux normalisé selon l’âge des décès attribuables au cancer du col a chuté de 86,6 % entre 1951 et 2022, et la tendance est toujours à la baisse.
- Entre 2011 et 2017, 64,9 % des nouveaux cas ont été diagnostiqués à un stade précoce (stade 0/I ou II). Un diagnostic précoce augmente les chances de succès du traitement et les taux de survie.
- Le pourcentage normalisé selon l’âge de femmes âgées de 25 à 69 ans ayant déclaré avoir effectué un test Pap au cours des trois dernières années est passé de 82,2 % en 1998 à 78,6 % en 2017. Les baisses les plus marquées ont été observées chez les plus jeunes, et en 2017, des inégalités de dépistage persistaient.
- Des facteurs tels que l’orientation sexuelle, l’état civil, le niveau de scolarité, le lieu de résidence, l’origine ethnique, le pays de naissance et le statut d’immigration influençaient la probabilité d’avoir eu un test Pap dans les trois dernières années.
- Toutes les provinces et tous les territoires offrent des programmes de vaccination gratuits et non genrés contre le VPH, en milieu scolaire, généralement entre la 4e et la 7e année. Selon l’Enquête sur la couverture vaccinale nationale des enfants (ECVNE), en 2021, 84,0 % des jeunes de 14 ans (86,4 % des filles et 81,5 % des garçons) avaient reçu au moins une dose de vaccin contre le VPH.
- D’importants progrès ont été réalisés dans la réduction du fardeau du cancer du col au cours des 70 dernières années, mais il reste du travail à faire. La vaccination contre le VPH, le dépistage basé sur le VPH et les traitements en temps opportun sont des approches éprouvées pour réduire le risque de cancer du col.
Introduction
Le présent rapport présente un sommaire concis de l’épidémiologie du cancer du col de l’utérus au Canada, et fait état des progrès réalisés pour en arriver à son élimination comme problème de santé publique. Selon Brisson et coll.Footnote 1, cela correspond à un taux normalisé selon l’âge de quatre cas ou moins pour 100 000 femmes (en utilisant la structure d’âge de la population mondiale féminine de 2015). Le rapport résume l’évolution des taux d’incidence, de mortalité et de dépistage, ainsi que les taux de vaccination contre le VPH au fil du temps et l’effet possible de la pandémie de COVID-19.
Ces données peuvent éclairer les politiques, les programmes, l’allocation des ressources et la recherche pour combler les lacunes, et ainsi maintenir les progrès réalisés au Canada.
À propos du cancer du col de l’utérus
Le cancer du col de l’utérus est le quatrième cancer le plus fréquent et la quatrième cause de décès par cancer chez les femmes à l’échelle mondialefootnote 2. Sa fréquence a fortement diminué dans les pays à revenu élevé comme le Canada, notamment grâce au dépistage et aux traitements améliorés.
Néanmoins, on estime que 1 600 femmes au Canada ont reçu un diagnostic de cancer du col en 2024 et que 400 en sont mortesFootnote 3. La survie suite à ce cancer au Canada demeure modérée : le taux de survie à 5 ans est de 74 % et à 10 ans, de 68 %Footnote 4.
En plus du diagnostic et du traitement initial, de nombreuses survivantes éprouvent une réduction de leur qualité de vie en raison :
- de complications après le traitement
- de symptômes persistants (p. ex. lymphœdème, dysfonctionnement intestinal, vésical ou sexuel, symptômes de ménopause)
- de récidives du cancer du col de l’utérus
- de l’apparition d’autres cancers liés au traitementfootnote 5footnote 6footnote 7footnote 8footnote 9
Plan d'action
Les programmes de vaccination et de dépistage basé sur le VPH, et les programmes de traitements se sont révélés efficaces. Ils permettent de prévenir et de guérir presque entièrement le cancer du col de l’utérus s’il est détecté à un stade précoce et traité de manière adéquate. Cela crée des opportunités pour réduire davantage le fardeau que représente le cancer du col de l’utérus au Canada.
En 2018, l’Organisation mondiale de la Santé a lancé un appel à l’actionfootnote 10footnote 11. En réponse, le Partenariat canadien contre le cancer a publié le Plan d’action pour l’élimination du cancer du col de l’utérus au Canada, 2020-2030. Ce plan vise à éliminer le cancer du col comme problème de santé publique d’ici 2040. Il fixe des cibles ambitieuses en matière de vaccination contre le VPH, de dépistage primaire basé sur le VPH et de suivi des résultats de dépistagefootnote 12footnote 13.
Il comprend aussi des priorités et mesures propres aux Premières Nations, aux Inuits et aux Métis, notamment :
- des soins culturellement appropriés offerts plus près des communautés
- la gouvernance autochtone de la recherche et des systèmes de données pour repérer les inégalités à corriger et en suivre l’évolution
Facteurs de risque du cancer du col de l’utérus
L’infection persistante par un type de VPH à haut risque est la principale cause de l’apparition de lésions précancéreuses sur le col de l’utérus. Si ces lésions ne sont pas détectées et traitées, elles peuvent évoluer en cancer du col de l’utérus. Le Centre International de recherche sur le cancer a désigné :
- 12 types de VPH comme étant cancérigènes pour l’être humain (VPH 16, 18, 31, 33, 35, 39, 45, 51, 52, 56, 58 et 59)
- 1 type de VPH comme étant probablement cancérigène (VPH 68)
L’infection par le VPH se transmet par contact avec la peau génitale infectée, les muqueuses ou les liquides biologiques. Elle peut être transmise lors de rapports sexuels et le sexe oral. Le nombre de partenaires sexuels est le principal facteur déterminant de l’infection à VPH dans la région anogénitale, tant chez les hommes que chez les femmes. La majorité des personnes sexuellement actives contracteront au moins une infection à VPH au cours de leur vie. Avant l’introduction des vaccins contre le VPH, plus de 80 % des personnes sexuellement actives étaient infectées à un moment ou un autre. La plupart des infections sont asymptomatiques (de 70 % à 90 %) et se résorbent spontanément en 1 à 2 ans. Le délai entre l’infection par le VPH et le développement d’un cancer du col de l’utérus est généralement de 15 à 20 ans ou plusFootnote 14footnote 15footnote 16footnote 17.
Le facteur de risque le plus important pour le cancer du col de l’utérus demeure l’infection persistante par un type de VPH à haut risque. Toutefois, d’autres facteurs peuvent, seuls ou en combinaison avec le VPH, accroître le risque de cancer du col de l’utérus, notamment :
- l’infection par le virus de l’immunodéficience humaine ou par d’autres infections transmissibles sexuellement
- le fait d’être sexuellement actif à un jeune âge
- l’utilisation à long terme de contraceptifs oraux
- avoir eu plusieurs grossesses
- une première grossesse à un âge précoce
- le tabagisme actif ou l’exposition à la fumée secondaire
- un système immunitaire affaibli
- l’obésité, qui peut nuire à la détection des lésions précancéreuses lors du dépistage du cancer du col
L’exposition in utero au diéthylstilbestrol est un facteur de risque indépendant d’un type particulier de cancer du col de l’utérus, appelé adénocarcinome à cellules clairesfootnote 17footnote 18footnote 19footnote 20.
Taux de nouveaux cas de cancer du col de l’utérus
Contrairement à la plupart des autres cancers, le taux de nouveaux cas de cancer du col de l’utérus n’augmente pas systématiquement avec l’âge. Le taux est le plus élevé chez les femmes âgées de 40 à 44 ans. Plus de 50 % des cas sont diagnostiqués avant l’âge de 50 ans (Figure 1).
Figure 1 : des nouveaux cas de cancer du col de l’utérus chez les femmes au Canada, 2014-2018
Figure 1 : Remarques
- Les estimés sont pour l’ensemble du Canada, à l’exclusion du Québec.
- Source : Registre canadien du cancer de Statistique Canada et estimations démographiques annuelles.
Figure 1 : Texte descriptif
Évolution des taux dans le temps
Au Canada (à l’exception du Québec, pour lequel on ne disposait pas de données complètes), le taux normalisé selon l’âge de nouveaux cas de cancer du col de l’utérus chez les femmes a diminué. Il est passé de 25,6 pour 100 000 (IC à 95 % : 24,3 à 27,1) en 1969 à 8,7 pour 100 000 (IC à 95 % : 8,2 à 9,2) en 2019. Cela représente une baisse de 66,0 % (Figure 2).
Figure 2 : Taux normalisés selon l’âge de nouveaux cas de cancer du col de l’utérus et dedécès par cancer du col de l’utérus au fil du temps chez les femmes au Canada
Figure 2 : Remarques
- Les taux normalisés selon l’âge pour les nouveaux cas de cancer du col de l’utérus sont présentés par année de diagnostic de 1969 à 2019 et excluent le Québec.
- Les taux normalisés selon l’âge pour les décès par cancer du col de l’utérus sont présentés par année de décès de 1950 à 2022.
- Les taux sont normalisés selon l’âge de la population canadienne de 2011.
- Source : Système national de déclaration des cas de cancer de Statistique Canada (1969 à 1991), Registre canadien du cancer (1992 à 2019) à partir du tableau 13-10-0747-01 (disponible à l’adresse : https://www150.statcan.gc.ca/t1/tbl1/fr/tv.action?pid=1310074701), Base canadienne de données sur les décès de la Statistique de l’état civil et estimations démographiques annuelles.
Figure 2 : Texte descriptif
Nous avons utilisé les données combinées les plus récentes sur cinq ans disponibles avant la pandémie de COVID-19 pour comparer les taux au pays. Les taux normalisés selon l’âge de nouveaux cas de cancer du col variaient de 7,1 pour 100 000 (IC à 95 % : 6,2 à 8,1) au Manitoba à 10,6 pour 100 000 (IC à 95 % : 9,4 à 11,9) en Saskatchewan (Figure 3).
Figure 3 : Taux normalisés selon l’âge de nouveaux cas de cancer du col de l’utérus et de décès par cancer du col de l’utérus chez les femmes au Canada, par province et pour l’ensemble des territoires
Figure 3 : Remarques
- Les taux normalisés selon l’âge pour les nouveaux cas de cancer du col de l’utérus sont pour les années 2015 à 2019 combinées, sauf pour le Québec, où le taux correspond aux années combinées de 2013 à 2017, et le taux global pour le Canada exclut le Québec.
- Les taux normalisés selon l’âge pour les décès par cancer du col de l’utérus sont pour les années 2018 à 2022 combinées.
- Les taux sont normalisés selon l’âge de la population canadienne de 2011.
- Source : Registre canadien du cancer de Statistique Canada, Base canadienne de données sur les décès de la Statistique de l’état civil et estimations démographiques annuelles.
Figure 3 : Texte descriptif
De la même façon, les taux selon l’âge ont fortement diminué au fil du temps. Les baisses varient de 40,6 % chez les femmes dans la vingtaine à plus de 70,0 % chez celles de 50 ans et plus (Figure 4).
Figure 4 : Taux de nouveaux cas de cancer du col de l’utérus chez les femmes selon le groupe d’âge et certaines périodes, Canada, de 1969 à 2018
Figure 4 : Remarques
- Les estimés son pour l’ensemble du Canada, à l’exclusion du Québec.
- Source : Registre canadien du cancer de Statistique Canada et estimations démographiques annuelles.
Figure 4 : Texte descriptif
Cependant, une analyse des tendances selon l’âge par année civile montre qu’il n’y a plus de baisse considérable dans trois groupes d’âge :
- Les 30 à 39 ans présentent un taux stable depuis 1974 (1974 à 2001 : variation annuelle en pourcentage [VAP] = -1,4 %, IC à 95 % : -2,4 % à +2,4 %; 2001 à 2018 : VAP = +0,2 %, IC à 95 % : -1,1 % à +4,8 %)
- Les 40 à 49 ans présentent un taux stable entre 2005 et 2018 (VAP = +0,8 %, IC à 95 % : -0,2 % à +2,9 %)
- Les 60 à 69 ans présentent un taux stable entre 2005 à 2018 (VAP = -0,9 %, IC à 95 % : -2,3 % à +3,2 %)
Par ailleurs, après plus de quatre décennies de baisse, le taux normalisé selon l’âge de nouveaux cas de cancer du col de l’utérus a augmenté de 3,7 % par année (IC à 95 % : 1,4 % à 6,4 %) entre 2015 et 2019Footnote 4. Il s’agit de la plus forte hausse annuelle observée récemment parmi les types de cancer.
Des augmentations ont aussi été observées dans d’autres pays développés, dont la Suède, la Norvège, les Pays-Bas et le Royaume-Uni, en particulier chez les jeunes femmesFootnote 21Footnote 22. Amboree et coll.Footnote 23 ont également observé une hausse récente chez les femmes blanches non hispaniques vivant dans des comtés à faible revenu aux États-Unis. Ces hausses ont été constatées tant pour les taux normalisés selon l’âge des nouveaux cas, que pour les cancers du col de l’utérus à un stade avancé et les taux de mortalité associés.
Plusieurs facteurs pourraient contribuer à ces hausses observées au Canada et ailleurs, notamment :
- une participation insuffisante ou en baisse au dépistage
- l’évolution des pratiques sexuelles
- l’utilisation de tests de dépistage du VPH très sensibles
- une hausse de la proportion de femmes qui ne font pas l’objet d’un suivi diagnostique ni de traitement des lésions précancéreuses
Stade au moment du diagnostic
Environ 65 % de tous les cas de cancer du col de l’utérus sont diagnostiqués à un stade précoce (stade 0, I ou II) (Figure 5). Ce pourcentage diminue avec l’âge, passant de 81,3 % chez les femmes dans la vingtaine à 41,2 % chez les femmes de 80 ans et plus (Figure 6). Cela reflète en partie l’effet des programmes de dépistage fondés sur la population, actuellement recommandés pour les femmes de 25 à 69 ansFootnote 24.
Figure 5 : Répartition selon le stade au moment du diagnostic des nouveaux cas de cancer du col de l’utérus chez les femmes au Canada, de 2011 à 2017
Figure 5 : Remarques
- Les estimés sont pour l’ensemble du Canada, à l’exclusion du Québec et du Nouveau-Brunswick.
- Source : Registre canadien du cancer de Statistique Canada.
Figure 5 : Texte descriptif
Figure 6 : Répartition selon le stade au moment du diagnostic des nouveaux cas de cancer du col de l’utérus chez les femmes au Canada, selon le groupe d’âge, de 2011 à 2017
Figure 6 : Remarques
- Les estimés sont pour l’ensemble du Canada, à l’exclusion du Québec et du Nouveau-Brunswick.
- Certaines étiquettes ne peuvent pas être clairement affichées. Pour consulter toutes les données, voir la description textuelle de la figure 6.
- Source : Registre canadien du cancer de Statistique Canada.
Figure 6 : Texte descriptif
Taux selon le lieu de résidence (urbain ou rural) et le revenu
Le taux normalisé selon l’âge de nouveaux cas de cancer du col de l’utérus varie selon que les femmes vivent en milieu urbain ou rural, et selon le revenu des ménages du quartier de résidence.
Comparativement aux femmes vivant en milieu urbain, celles vivant en milieu rural présentent :
- des taux normalisés selon l’âge plus élevés de nouveaux cas de cancer du col de l’utérus (9,1 contre 7,6 pour 100 000);
- des taux plus élevés selon l’âge de nouveaux cas de cancer du col de l’utérus par stade, sauf pour les diagnostics au stade II (Figure 7).
Figure 7 : Taux normalisés selon l’âge de nouveaux cas de cancer du col de l’utérus chez les femmes au Canada, selon le lieu de résidence (urbain ou rural) et le stade au moment du diagnostic, 2011 à 2017
Figure 7 : Remarques
- Les estimés sont pour l’ensemble du Canada, à l’exclusion du Québec et du Nouveau-Brunswick.
- Les taux sont normalisés selon l’âge de la population canadienne de 2011.
- Source : Registre canadien du cancer de Statistique Canada et estimations démographiques annuelles par région métropolitaine de recensement et agglomération de recensement.
Figure 7 : Texte descriptif
Le taux normalisé selon l’âge de nouveaux cas diminue à mesure que le revenu des ménages dans le quartier augmente. Cette inégalité a toutefois diminué au fil du temps (Figure 8). Comparativement aux quartiers les plus riches, le taux normalisé selon l’âge de nouveaux cas était :
- 1,6 fois plus élevé (IC à 95 % : 1,3 à 1,9) dans les quartiers les plus défavorisés en 1996
- mais seulement 1,2 fois plus élevé (IC à 95 % : 1,0 à 1,5) en 2016
Figure 8 : Taux normalisés selon l’âge de nouveaux cas de cancer du col de l’utérus chez les femmes au Canada, selon le quintile de revenu du ménage fondé sur le quartier et l’année de recensement, de 1996 à 2016
Figure 8 : Remarques
- Les estimés sont pour l’ensemble du Canada, à l’exclusion du Québec.
- Le questionnaire complet du recensement, qui recueille des données sur le revenu, n’a pas été réalisé en 2011.
- Les taux sont normalisés selon l’âge de la population canadienne de 2011.
- Source : Registre canadien du cancer de Statistique Canada et estimations personnalisées de la population selon les quintiles de revenu du ménage fondé sur le quartier.
Figure 8 : Texte descriptif
Taux selon le statut d’Autochtone, la race et l’origine ethnique
Les taux de nouveaux cas présentés ci-dessus ont été estimés à l’aide du Registre canadien du cancer. Cependant, ce registre ne contient pas les identifiants nécessaires pour examiner les taux selon le statut d’Autochtone, la race ou l’origine ethnique.
D’autres recherches indiquent toutefois que les femmes autochtones et racisées présentent des taux plus élevés de cancer du col que les femmes non autochtones et non racisées. Pour des périodes allant de 1988 à 2010, des études menées à l’échelle provinciale et nationale ont révélé que les taux de nouveaux cas chez les femmes des Premières Nations et les femmes inuites étaient de 1,6 à 2,5 fois plus élevés que ceux des autres femmes ou de la population féminine en généralFootnote 25Footnote 26Footnote 27Footnote 28Footnote 29.
Des taux élevés ont aussi été observés chez les femmes autochtones et d’autres groupes racisés ou ethniques, notamment chez les femmes noires et hispaniques, dans des pays développés comme l’Australie, la Nouvelle-Zélande et les États-UnisFootnote 30Footnote 31.
Taux de mortalité associés au cancer du col de l’utérus
Contrairement au taux de nouveaux cas de cancer du col de l’utérus, le taux de mortalité lié à ce cancer augmente continuellement avec l’âge (Figure 9). Cela dit, entre 2018 et 2022, plus du quart des décès dus à ce cancer sont survenus chez des femmes de moins de 50 ans. Environ 70 % des décès sont survenus chez des femmes d’âge admissible au dépistage (25 à 69 ans).
Figure 9 : pour les décès attribuables au cancer du col de l’utérus chez les femmes au Canada, de 2018 à 2022
Figure 9 : Remarques
- Source : Base canadienne de données sur les décès de la Statistique de l’état civil de Statistique Canada et estimations démographiques annuelles.
Figure 9 : Texte descriptif
Évolution des taux de mortalité
Le taux de mortalité normalisé selon l’âge associé au cancer du col a atteint un sommet de 14,2 pour 100 000 (IC à 95 % : 13,0 à 15,5) en 1951. Il a diminué de 86,6 % pour atteindre 1,9 pour 100 000 (IC à 95 % : 1,8 à 2,1) en 2022. La tendance demeure nettement à la baisse (de 2004 à 2022, VAP = -0,9 %, IC à 95 % : -1,4 % à -0,3 %) (Figure 2).
Pour les années combinées de 2018 à 2022, les taux de mortalité normalisés selon l’âge attribuables au cancer du col de l’utérus variaient selon la province, allant de :
- 1,7 pour 100 000 (IC à 95 % : 1,3 à 2,3) au Manitoba
- à 2,9 pour 100 000 (IC à 95 % : 1,5 à 5,2) à l’Île-du-Prince-Édouard (Figure 3)
Tous groupes d’âge confondus, les taux de mortalité liés au cancer du col ont diminué de plus de 75 % au fil du temps (Figure 10).
Figure 10 : Taux de mortalité du cancer du col de l’utérus chez les femmes selon l’âge au décès et certaines périodes, Canada, de 1950 à 2022
Figure 10 : Remarques
- Source : Base canadienne de données sur les décès de la Statistique de l’état civil de Statistique Canada et estimations démographiques annuelles.
Figure 10 : Texte descriptif
Cependant, l’analyse des tendances annuelles selon l’âge montre que deux groupes d’âge ne présentent plus de baisse considérable :
- les 60 à 69 ans, dont le taux est demeuré stable de 2003 à 2022 (VAP = -0,7 %, IC à 95 % : -1,5 % à +0,4 %)
- les 70 à 79 ans, dont le taux est resté stable de 2005 à 2022 (VAP = -1,8 %, IC à 95 % : -3,1 % à +2,8 %)
Mortalité selon le statut d’Autochtone, la race, et l’origine ethnique
Les taux de mortalité présentés ci-dessus ont été estimés à partir de la Base canadienne de données sur les décès de la Statistique de l’état civil. Cependant, elle ne contient pas les identifiants nécessaires pour examiner les taux selon le statut d’Autochtone, la race ou l’origine ethnique.
Cependant, d’autres recherches indiquent toutefois que les femmes autochtones et racisées présentent des taux de mortalité plus élevés liés au cancer du col que les femmes non autochtones et non racisées. Entre 1988 et 2010, des études menées à l’échelle provinciale ont révélé que les taux de mortalité chez les femmes des Premières Nations et les femmes inuites étaient de 2,9 à 3,9 fois plus élevés que ceux des autres femmes ou de la population féminine en généralFootnote 26Footnote 27.
Des taux élevés ont également été observés aux États-Unis chez les peuples autochtones ainsi que chez d’autres groupes raciaux et ethniques, notamment les femmes noires et hispaniquesFootnote 31.
Dépistage du cancer du col de l’utérus
Il n’existe aucun traitement antiviral spécifique permettant d’éliminer l’infection à VPH. Le dépistage systématique joue donc un rôle essentiel pour détecter les lésions précancéreuses avant qu’elles ne progressent vers un cancer du col de l’utérus. Cela se reflète dans la diminution du taux normalisé selon l’âge de nouveaux cas de cancer du col de l’utérus (Figure 2). Au fil des années, les lignes directrices nationales concernant l’âge de début ou d’arrêt du dépistage de routine, ainsi que sa fréquence, ont été révisées. Ces révisions visaient à réduire les effets négatifs tout en maximisant les bienfaits du dépistage du cancer du col de l’utérusFootnote 32Footnote 33Footnote 34Footnote 35Footnote 36.
Les plus récentes lignes directrices nationales, publiées en 2013, recommandent un test Pap tous les trois ans pour les femmes asymptomatiques âgées de 25 à 69 ans qui ont déjà été sexuellement actives. Chez les femmes de 70 ans et plus ayant obtenu trois résultats négatifs consécutifs au test Pap au cours des dix dernières années, le dépistage peut être interrompu. Selon le Groupe d’étude à l’origine de ces recommandations, rien ne permettait de suggérer :
- un intervalle précis entre le début de l’activité sexuelle et le premier test Pap
- un dépistage plus fréquent chez les femmes à risque accru en raison d’un plus grand nombre de partenaires sexuelsFootnote 24
Une mise à jour de ces lignes directrices est attendue sous peuFootnote 37.
Actuellement, neuf provinces canadiennes ont établi des programmes organisés de dépistage du cancer du col de l’utérus. Le dépistage opportuniste est disponible au Québec et dans les territoires, mais le Québec et les Territoires du Nord-Ouest prévoient instaurer des programmes organisés. En règle générale, les programmes provinciaux et territoriaux recommandent que le dépistage :
- débute à 21 ou 25 ans
- se poursuive jusqu’à 65 ou 70 ans
- soit effectué tous les deux à trois ansFootnote 38
Recours au test Pap au fil du temps
Le pourcentage normalisé selon l’âge de femmes âgées de 25 à 69 ans ayant déclaré avoir passé un test Pap au cours des trois dernières années (à l’exclusion des territoires) :
- a culminé à 82,2 % (IC à 95 % : 80,7 % à 83,8 %) en 1998
- a reculé à 78,6 % (IC à 95 % : 77,6 % à 79,6 %) en 2017 (Figure 11), et variait selon les provinces et territoires
Figure 11 : Pourcentage normalisé selon l’âge de femmes âgées de 25 à 69 ans ayant déclaré avoir passé un test Pap au cours des trois dernières années, Canada, de 1996 à 2017
Figure 11 : Remarques
- Les estimés sont pour l’ensemble du Canada, à l’exclusion des territoires.
- Les taux sont corrigés pour les hystérectomies (voir les notes techniques). Pour les enquêtes menées sur deux ans, les estimations sont attribuées à l’année où le plus grand nombre de personnes ont participé à l’enquête.
- Les taux sont normalisés selon l’âge de la population canadienne de 2011.
- Source : Enquête nationale sur la santé de la population de 1996-1997 et 1998-1999 de Statistique Canada, et Enquête sur la santé dans les collectivités canadiennes de 2000-2001, 2003, 2005, 2008, 2012 et 2017.
Figure 11 : Texte descriptif
Comparativement à la moyenne nationale de 2017, le pourcentage normalisé selon l’âge de femmes dépistées dans les trois dernières années était :
- nettement plus élevé à Terre-Neuve-et-Labrador, au Manitoba, en Saskatchewan et en Alberta;
- nettement plus faible au Québec et au Nunavut (Figure 12).
Figure 12 : Pourcentage normalisé selon l’âge de femmes âgées de 25 à 69 ans ayant déclaré avoir passé un test Pap au cours des trois dernières années, par province ou territoire, Canada, 2017
Figure 12 : Remarques
- Les estimés sont corrigées pour les hystérectomies (voir les notes techniques).
- Les pourcentages sont normalisés selon l’âge de la population canadienne de 2011.
- Source : Enquête sur la santé dans les collectivités canadiennes de 2017 de Statistique Canada pour les données provinciales, et Enquête sur la santé dans les collectivités canadiennes de 2017 et 2018 combinées pour les données territoriales.
Figure 12 : Texte descriptif
Les tendances par groupe d’âge au Canada (à l’exclusion des territoires) montrent que les groupes d’âge les plus jeunes affichaient des taux plus faibles en 2017 qu’en 1996 (Figure 13) :
- le pourcentage de femmes de 25 à 29 ans s’étant soumises à un test de dépistage au cours des trois dernières années est passé de 86,1 % (IC à 95 % : 83,0 %, 88,9 %) en 1996 à 76,1 % (IC à 95 % : 72,3 %, 79,6 %) en 2017
- le pourcentage de femmes de 30 à 34 ans s’étant soumises à un test de dépistage au cours des trois dernières années est passé de 87,7 % (IC à 95 % : 85,4 %, 89,7 %) en 1996 à 82,9 % (IC à 95 % : 80,2 %, 85,3 %) en 2017
Figure 13 : Pourcentage de femmes âgées de 25 à 34 ans ayant déclaré avoir passé un test Pap au cours des trois dernières années, Canada, de 1996 à 2017
Figure 13 : Remarques
- Les estimés sont pour l’ensemble du Canada, à l’exclusion des territoires.
- Les taux sont corrigés pour les hystérectomies (voir les notes techniques).
- Pour les enquêtes menées sur deux ans, les estimations sont attribuées à l’année où le plus grand nombre de personnes de 25 à 69 ans ont participé à l’enquête.
- Source : Enquête nationale sur la santé de la population de 1996-1997 et 1998-1999 de Statistique Canada.
Figure 13 : Texte descriptif
Facteurs démographiques et socioéconomiques liés au dépistage
En 2017, 78,4 % (IC à 95 % : 77,4 %, 79,4 %) des femmes de 25 à 69 ans déclaraient avoir subi un test Pap au cours des trois dernières années. Le taux variait de 63,9 % (IC à 95 % : 60,5 %, 67,1 %) chez les femmes de 65 à 69 ans à 82,9 % (IC à 95 % : 80,2 %, 85,3 %) chez celles de 30 à 34 ans (Figure 14).
Figure 14 : Pourcentage de femmes âgées de 25 à 69 ans ayant déclaré avoir passé un test Pap au cours des trois dernières années, par groupe d’âge, Canada, 2017
Figure 14 : Remarques
- Les taux sont corrigés pour les hystérectomies (voir les notes techniques).
- Source : Enquête sur la santé dans les collectivités canadiennes de 2017 de Statistique Canada pour les données provinciales, et Enquête sur la santé dans les collectivités canadiennes de 2017 et 2018 combinées pour les données territoriales.
Figure 14 : Texte descriptif
Les raisons les plus souvent évoquées pour ne pas avoir passé de test Pap dans les trois dernières années incluaient le fait que la femme ou son médecin ne jugeait pas cela nécessaire, ou que le médecin n’en avait pas parlé (Figure 15).
Figure 15 : Raisons invoquées pour ne pas avoir passé de test Pap au cours des trois dernières années chez les femmes âgées de 25 à 69 ans au Canada, en 2017
Figure 15 : Remarques
- Les estimés sont corrigées pour les hystérectomies (voir les notes techniques).
- Plusieurs raisons pouvaient être fournies.
- Source : Enquête sur la santé dans les collectivités canadiennes de 2017 de Statistique Canada pour les données provinciales, et Enquête sur la santé dans les collectivités canadiennes de 2017 et 2018 combinées pour les données territoriales.
Figure 15 : Texte descriptif
Les caractéristiques socioéconomiques et géographiques associées à des taux de dépistage plus faibles comprenaient :
- ne pas être hétérosexuelle
- n’avoir jamais été mariée
- un faible niveau de scolarité
- résider dans un quartier à faible revenu ou en région rurale
- avoir des origines est-asiatiques, sud-est asiatiques, sud-asiatiques, ouest-asiatiques ou arabes, ou inuites
- être née en Afrique ou en Asie
- avoir immigré depuis 10 ans ou moins (Figures 16 et 17)
Figure 16 : Pourcentage normalisé selon l’âge de femmes âgées de 25 à 69 ans ayant déclaré avoir passé un test Pap au cours des trois dernières années selon , Canada, 2017
Figure 16 : Remarques
- Les estimés sont corrigées pour les hystérectomies (voir les notes techniques).
- Les études postsecondaires comprennent les certificats, les diplômes et les degrés de scolarité.
- Les quintiles de revenu sont fondés sur la répartition nationale du revenu des ménages.
- Les pourcentages sont normalisés selon l’âge de la population canadienne de 2011.
- Source : Enquête sur la santé dans les collectivités canadiennes de 2017 de Statistique Canada pour les données provinciales, et Enquête sur la santé dans les collectivités canadiennes de 2017 et 2018 combinées pour les données territoriales.
Figure 16 : Texte descriptif
Figure 17 : Pourcentage normalisé selon l’âge de femmes âgées de 25 à 69 ans ayant déclaré avoir fait un test Pap au cours des trois dernières années, selon , Canada, 2017
Figure 17 : Remarques
- Les estimés sont corrigées pour les hystérectomies (voir les notes techniques).
- Le statut autochtone « autre » comprend les personnes ayant déclaré plusieurs statuts autochtones ou un statut autochtone détaillé inconnu.
- « Amérique du Nord (autre) » comprend le Groenland, Saint-Pierre-et-Miquelon et les États-Unis.
- L’Océanie comprend l’île Christmas, les îles Cocos (Keeling) et les îles mineures éloignées des États-Unis.
- L’Amérique du Sud comprend la Géorgie du Sud et les îles Sandwich du Sud.
- Les pourcentages sont normalisés selon l’âge de la population canadienne de 2011.
- Source : Enquête sur la santé dans les collectivités canadiennes de 2017 de Statistique Canada pour les données provinciales, et Enquête sur la santé dans les collectivités canadiennes de 2017 et 2018 combinées pour les données territoriales.
Figure 17 : Texte descriptif
Ces constatations concordent avec les résultats d’études antérieures fondées sur l’Enquête sur la santé dans les collectivités canadiennesFootnote 39. Les données d’enquêtes menées auprès de la population aux États-Unis ont également révélé que :
- le pourcentage de femmes admissibles déclarant avoir passé un test Pap au cours des trois dernières années a nettement diminué avec le temps, particulièrement chez les femmes de 21 à 29 ans
- être asiatique, avoir immigré récemment, un faible niveau de scolarité et un faible revenu étaient associés à des taux de dépistage plus faiblesFootnote 40.
Statut d’immigrant
Les taux de dépistage plus faibles chez les femmes immigrantes représentent un enjeu important au Canada, surtout pour celles nées en Afrique ou en Asie. En 2021, plus de 8,3 millions de personnes – soit près du quart (23,0 %) de la population canadienne – étaient ou avaient déjà été des immigrantes reçues ou des résidentes permanentes. On entend par nouveaux immigrants les personnes ayant obtenu le statut d’immigrant reçu ou de résident permanent depuis le 1er janvier 2016. Les deux principales régions de naissance des nouvelles immigrantes étaient l’Asie (62,0 %) et l’Afrique (15,6 %). La majorité d’entre elles étaient en âge de travailler – 67,8 % étaient âgées de 25 à 64 ansFootnote 41.
Les obstacles au dépistage pour les immigrantes au Canada comprennent notamment :
- le fait d’être célibataire
- un faible niveau de scolarité
- un faible revenu
- un manque de connaissances sur les facteurs de risque du cancer du col de l’utérus, sur l’importance du dépistage pour une détection précoce, ainsi que sur la façon d’y accéder
- les barrières linguistiques
- l’absence de ressources éducatives bien traduites et culturellement appropriées
- la stigmatisation sociale et les croyances
- le manque de respect ou de prise en compte des coutumes et pratiques culturelles ou sociales
- la gêne
- l’absence de médecin de famille
- l’absence de professionnelles de la santé de sexe féminin
- le fait que le fournisseur de soins de soins de santé provienne de la même région que la femme immigrante
- le fait que le médecin ne connaisse pas bien le test de dépistage ou ne le recommande pasFootnote 42
Dépistage primaire du VPH
L’infection par une souche à haut risque du VPH est la principale cause des cancers du col de l’utérus. Le test de dépistage du VPH est nettement plus sensible que le test Pap pour détecter le cancer du col. On prévoit que le test de dépistage des souches à haut risque du VPH remplacera le test Pap comme méthode de dépistage de routine du cancer du col de l’utérus au CanadaFootnote 43. Le dépistage primaire par VPH consiste à utiliser le test de dépistage du VPH dès le départ pour repérer les personnes à risque de cancer du col de l’utérus. Il est déjà offert dans certaines administrations. Presque toutes les autres prévoient de l’instaurer.
Le dépistage autoadministré du VPH constitue une méthode moins invasive et plus discrète pour permettre aux personnes de prélever elles-mêmes un échantillon vaginal. Il peut être effectué dans un environnement de leur choix, y compris à domicile. Une administration offre déjà le dépistage autoadministré, et plusieurs autres prévoient de le mettre en place.
En mai 2023, l’Île-du-Prince-Édouard est devenue la première province canadienne à instaurer le dépistage primaire du VPH dans les cliniques de dépistage du col de l’utérus et par l’entremise des prestataires de soins primaires. Des travaux sont en cours pour amorcer la mise en œuvre du dépistage autoadministré en 2024footnote 13.
En janvier 2024, la Colombie-Britannique a lancé un programme de dépistage primaire du VPH. Les personnes peuvent commander une trousse d’autodépistage du VPH en ligne ou par téléphone. La trousse peut être utilisée à domicile ou avec l’aide d’un professionnel de la santéfootnote 13.
Les huit autres provinces et deux territoires prévoient de mettre en œuvre le dépistage primaire du VPH, et six provinces ainsi qu’un territoire prévoient de mettre en place le dépistage autoadministré du VPHFootnote 38.
Vaccination contre le VPH
En février 2007, le Comité consultatif national de l’immunisation (CCNI) a publié les premières lignes directrices nationales sur la vaccination contre le VPH au Canada. Il recommandait alors la vaccination pour les filles et les jeunes femmes de 9 à 26 ans. Au moment de la publication initiale, les données disponibles ne permettaient pas encore de formuler des recommandations pour les femmes de plus de 26 ans ni pour les hommes.
En janvier 2012, le CCNI a élargi ses recommandations vaccinales aux femmes de plus de 26 ans, aux garçons et jeunes hommes de 9 à 26 ans, ainsi qu’aux hommes de plus de 26 ans ayant des relations sexuelles avec des hommes. En février 2015, les recommandations ont été étendues à l’ensemble des garçons de 9 ans et plus.
En juillet 2024, le nombre de doses de vaccin contre le VPH recommandé par le CCNI a été réduit : de 2 ou 3 à 1 dose pour les personnes de 9 à 20 ans, et de 3 à 2 doses pour celles de 21 ans et plus. Pour les personnes immunodéprimées ou vivant avec le virus de l’immunodéficience humaine, un calendrier vaccinal à trois doses demeure recommandéFootnote 44. Ces changements sont conformes aux recommandations de l’Organisation mondiale de la Santéfootnote 17.
Au Canada, la mise en œuvre des programmes de vaccination scolaire contre le VPH financés par l’État a commencé dès l’année scolaire 2007-2008 pour les filles, puis en 2013-2014 pour les garçons. Depuis l’année scolaire 2017-2018, toutes les provinces et tous les territoires offrent un programme scolaire de vaccination contre le VPH financé par l’État et non genré. Ces programmes sont généralement proposés entre la 4e et la 7e annéeFootnote 45. L’objectif actuel du gouvernement du Canada en matière de couverture vaccinale contre le VPH est de 90 % d’ici 2025. Cet objectif, établi avant les récentes modifications aux recommandations du CCNI, repose sur la réception d’au moins deux doses du vaccin contre le VPH avant l’âge de 17 ansFootnote 46.
Couverture vaccinale contre le VPH
Au Canada, la couverture vaccinale nationale est mesurée au moyen de l’Enquête sur la couverture vaccinale nationale des enfants (ECVNE). Cette enquête fournit des estimations du pourcentage d’enfants ayant reçu les vaccins de routine recommandés par le CCNI à l’âge de 2, 7, 14 ou 17 ansFootnote 47.
Selon l’ECVNE, le pourcentage de jeunes de 14 ans ayant reçu au moins une dose du vaccin contre le VPH était de 84,0 % (IC à 95 % : 80,9 %, 86,6 %) en 2021, et ce taux a augmenté au fil du tempsFootnote 48Footnote 49.
Chez les filles de 14 ans, le pourcentage ayant reçu au moins une dose était :
- de 74,6 % (IC à 95 % : 70,2 %, 78,5 %) en 2015
- de 87,1 % (IC à 95 % : 83,5 %, 90,0 %) en 2019
- de 86,4 % (IC à 95 % : 82,2 %, 89,7 %) en 2021
Chez les garçons de 14 ans, le pourcentage ayant reçu au moins une dose est passé de 73,0 % (IC à 95 % : 69,2 %, 76,5 %) en 2019 à 81,5 % (IC à 95 % : 76,8 %, 85,4 %) en 2021.
Les doses rapportées dans l’édition 2021 de l’ECVNE pourraient avoir été administrées au début de l’année scolaire 2019-2020. Cela correspond à la période précédant le début de la pandémie, de sorte que son effet complet sur les taux de vaccination contre le VPH pourrait ne pas être entièrement reflété dans ces estimations.
Des données plus récentes, regroupant six provinces et territoires (Alberta, Saskatchewan, Manitoba, Nouveau-Brunswick, Nouvelle-Écosse et Yukon), montrent une baisse du pourcentage de jeunes de 14 ans ayant reçu au moins une dose du vaccin contre le VPH. Ce pourcentage a atteint un pic de 80,7 % au 31 décembre 2021, avant de diminuer à 76,1 % au 31 décembre 2023Footnote 50.
Efficacité de la vaccination contre le VPH
Les bienfaits pour la santé associés à une couverture vaccinale élevée contre le VPH sont bien établis. Les recherches ont montré que les programmes de vaccination contre le VPH entraînent une réduction importante des infections ciblées par les vaccins, des lésions précancéreuses du col de l’utérus et des cas de cancer du col chez les femmes vaccinées. Les personnes vaccinées à un plus jeune âge en retirent les plus grands bénéficesFootnote 51Footnote 52Footnote 53Footnote 54.
Steben et coll.Footnote 54 ont évalué les effets concrets de dix années de programmes publics de vaccination contre le VPH au Canada. Ils ont observé une réduction de 86 % à la fois de la prévalence des types de VPH visés par les vaccins et de l’incidence des lésions précancéreuses du col. En Angleterre, l’incidence du cancer du col de l’utérus a diminué de 87 % chez les jeunes filles à qui le vaccin avait été offert entre 12 et 13 ans, comparativement à des cohortes non vaccinéesFootnote 53. La vaccination contre le VPH offre aussi une protection contre d’autres cancers associés au VPH (notamment ceux du vagin, de la vulve, du pénis, de l’anus et de l’oropharynx), ainsi que contre les condylomes acuminésFootnote 55.
Hésitation vaccinale
Au Canada, le taux de refus de tous les vaccins proposés est faible. En 2021, selon l’ECVNE, moins de 1 % des jeunes de 14 ans n’avaient reçu aucun vaccin au cours de leur vie. Cela dit, certains parents ou tuteurs ont mentionné une hésitation initiale à faire administrer à leur enfant un vaccin autre que celui contre la grippe. Le pourcentage de parents ayant déclaré cette hésitation initiale, mais ayant tout de même fait vacciner leur enfant, est passé de 14,5 % en 2019 à 19,7 % en 2021.
Les principales raisons évoquées pour expliquer cette hésitation chez les parents ou tuteurs d’enfants de 2 à 14 ans en 2021 étaient les suivantes :
- inquiétudes liées aux effets secondaires (66,7 %)
- croyance que les vaccins ne sont pas nécessaires (24,4 %)
- manque de confiance dans l’efficacité des vaccins (18,5 %)Footnote 49
Mesures prévues pour augmenter la couverture vaccinale contre le VPH
Le Plan d’action pour l’élimination du cancer du col de l’utérus au Canada, 2020-2030 prévoit des stratégies visant à accroître les taux de vaccination contre le VPH, notamment :
- accroître la sensibilisation et l’acceptabilité du vaccin contre le VPH au moyen de données probantes de grande qualité
- collaborer avec les dirigeants locaux pour élaborer et mettre en œuvre des approches éducatives et des modes de prestation adaptés à l’hésitation vaccinale et aux obstacles à la participation aux programmes scolaires
- offrir le vaccin contre le VPH dans les établissements secondaires à celles et ceux qui ne l’ont pas reçu plus tôt
- recueillir et publier les données issues des programmes scolaires de vaccination contre le VPH, de manière à cerner les inégalités, orienter les interventions et évaluer les progrèsFootnote 12
Répercussions de la pandémie de COVID-19
Les données de certaines provinces indiquent que la pandémie de COVID-19 a eu des effets négatifs sur le dépistage du cancer du col de l’utérus et sur la vaccination contre le VPH.
Dépistage et incidence du cancer du col de l’utérus pendant la pandémie
Plusieurs administrations canadiennes ont analysé l’effet de la pandémie sur le dépistage du cancer du col, les diagnostics et les résultats. En Alberta, on a observé aucun changement quant aux diagnostics de cancer du col de l’utérus, au stade au moment du diagnostic ou au taux de survie un an après le diagnostic. Cela inclut les cas diagnostiqués jusqu’à la fin de décembre 2020Footnote 56.
En Ontario, les mois de mars à août 2020 ont été comparés à la même période en 2019. En moyenne, les baisses suivantes ont été relevées :
- les tests Pap ont chuté de 63,8 % (fourchette : 41,0 % à 92,3 %)
- les colposcopies ont diminué de 39,7 % (fourchette : 14,3 % à 75,1 %)
- les traitements ont reculé de 31,1 % (fourchette : 23,6 % à 43,5 %)Footnote 57
En décembre 2020, le nombre de tests de dépistage demeurait inférieur de 20,4 % à celui de décembre 2019Footnote 58.
Au Manitoba, le nombre de tests Pap a diminué de 83 % en avril 2020 et de 49 % en mai. En janvier 2021, aucun recul important n’était encore observé, mais on estime qu’environ 22 086 tests Pap n’ont pas été effectués en raison de la pandémieFootnote 59.
Nous avons analysé les données pour le Canada, à l’exception du Québec et de la Nouvelle-Écosse, pour lesquels nous ne disposions pas de données complètes. Le taux normalisé selon l’âge de nouveaux cas de cancer du col en 2020 (8,1 pour 100 000) ne différait pas beaucoup de celui calculé pour 2015 à 2019 combinés (8,2 pour 100 000) (rapport de taux = 1,01; IC à 95 % : 0,95 à 1,08). Cette stabilité était également observée dans chaque province ayant fourni des données, ainsi que dans l’ensemble des territoires. Cela dit, il faut tenir compte des délais de déclaration possibles, ainsi que du fait que les taux de cancer du col de l’utérus au Canada étaient déjà en hausse avant 2020. Il faudra disposer de données supplémentaires pour mesurer avec précision les effets de la pandémie à long terme.
Contrairement au Canada, où aucun changement notable n’a été observé en 2020, les États-Unis ont enregistré une importante baisse du taux de nouveaux cas de cancer du col de l’utérus. Ce taux est passé de 7,7 à 7,9 pour 100 000 entre 2015 et 2019, à 7,0 en 2020 (IC à 95 % : 6,9 à 7,2)Footnote 31.
COVID-19 et vaccination contre le VPH
Les données de certaines provinces indiquent que les mesures de santé publique ont perturbé les programmes de vaccination contre le VPH dans les écoles. Ces mesures comprenaient notamment la fermeture des écoles et la réaffectation du personnel de vaccination à la campagne de vaccination contre la COVID-19. Des rapports de suivi ont été produits pour les cohortes scolaires touchées. Ils montrent que les activités de rattrapage en matière de vaccination ont permis d’augmenter les taux de couverture pour le vaccin contre le VPH. Dans certaines administrations, des efforts supplémentaires sont encore nécessaires pour revenir aux taux de couverture observés avant la pandémie (voir les tableaux 1 à 3).
Tableau 1 : Pourcentage d’élèves admissibles par âge et par niveau scolaire ayant reçu la série complète de vaccins contre le VPH, Alberta
| Aucune donnée | Pourcentage d’élèves ayant reçu la série complète de vaccins (%) | |
|---|---|---|
| Année scolaire | Au 31 juillet de l’année scolaire | Au 31 mai de l’année scolaire suivante |
| 2018-2019 | 75,4 | Aucune donnée- |
| 2019-2020 | 5,8 | 47,0 |
| 2020-2021 | 6,7 | 56,4 |
| 2021-2022 | 60,5 | 70,5 |
| 2022-2023 | 63,4 | 70,7 |
| 2023-2024 | 63,1 | Aucune donnée- |
Source de données : Gouvernement de l’Alberta, 2024Footnote 60
Tableau 2 : Pourcentage des jeunes de 12 ans ayant reçu la série complète de vaccins contre le VPH, Ontario
| Aucune donnée | Pourcentage d’élèves ayant reçu la série complète de vaccins (%) | |
|---|---|---|
| Année scolaire | Au 31 août de l’année scolaire | Au 31 août 2023 |
| 2018-2019 | 57,9 | Aucune donnée- |
| 2019-2020 | 6,0 | 48,0 |
| 2020-2021 | 3,0 | 40,3 |
| 2021-2022 | 16,6 | 51,5 |
| 2022-2023 | 47,8 | Aucune donnée- |
Source de données : Agence de protection et de promotion de la santé de l’Ontario, 2024Footnote 61
Tableau 3 : Pourcentage des élèves de 4e année ayant reçu au moins une dose du vaccin contre le VPH, Québec
| Aucune donnée | Pourcentage d’élèves ayant reçu au moins 1 dose (%) | |
|---|---|---|
| Année scolaire | À la fin de l’année scolaire | En octobre 2022 |
| 2018-2019 | 84 | Aucune donnée- |
| 2019-2020 | 85 | Aucune donnée- |
| 2020-2021 | 52 | 84 |
| 2021-2022 | 81 | Aucune donnée- |
Source de données : Dionne et coll., 2024Footnote 62
Conclusion
Des données sur la population de grande qualité montrent que des progrès importants ont été réalisés dans la lutte contre le cancer du col de l’utérus au cours des 70 dernières années. Le dépistage du cancer du col de l’utérus et les progrès dans le traitement du cancer ont permis de réduire considérablement le taux normalisé selon l’âge des nouveaux cas et des décès. D’autres progrès seront réalisés à mesure que les effets de la vaccination contre le VPH se feront sentir et que de nouvelles administrations adopteront le dépistage primaire du VPH.
Cela dit, une tendance à la hausse du taux de nouveaux cas normalisé selon l’âge a été observée récemment, et la pandémie de COVID-19 semble avoir nui au dépistage du cancer du col et à la vaccination contre le VPH. De plus, des taux de dépistage insuffisants ont été relevés chez certains groupes de population, notamment : les personnes immigrantes et les personnes ayant un niveau de scolarité ou un revenu plus faible. Pour remédier à ces inégalités, les provinces et territoires ont mis en œuvre différentes mesures, notamment :
- des activités de dépistage de rattrapage ciblant d’abord les femmes à plus haut risque qui n’ont pas été dépistées récemment
- des programmes de rattrapage de la vaccination
- le remplacement du test Pap par le dépistage primaire du VPH, y compris le dépistage autoadministré du VPH
- des activités de sensibilisation ciblées pour améliorer le dépistage dans les populations sous dépistées
Des projets dirigés par les communautés sont également en cours dans tout le pays afin de réduire les obstacles à la vaccination contre le VPHFootnote 63. L’ensemble de ces efforts sera essentiel pour permettre au Canada d’atteindre son objectif d’éliminer le cancer du col de l’utérus en tant que problème de santé publique d’ici 2040.
Notes technique
Cette section énonce les sources de données, les définitions et les méthodes utilisées.
Sources des données et définitions
Le présent rapport repose sur plusieurs bases de données administratives et enquêtes.
Nouveaux cas de cancer du col de l’utérus
Les données sur les nouveaux cas de cancer invasif du col de l’utérus proviennent des sources suivantes :
- les fichiers partagés du Système national de déclaration des cas de cancer (1969 à 1991) et du Registre canadien du cancer (1992 à 2019)
- le fichier maître du Registre canadien du cancer (1992 à 2020), accessible par l’intermédiaire du Centre de données de rechercheFootnote 64
- le tableau 13-10-0747-01 de Statistique Canada (1992 à 2021)Footnote 65
Les taux normalisés selon l’âge des nouveaux cas de cancer du col de l’utérus au fil du temps sont établis à partir du Système national de déclaration des cas de cancer (1969 à 1991) et du tableau 13-10-0747-01 de Statistique Canada (1992 à 2019), afin de fournir les estimations les plus récentes disponibles au moment de l’analyse. Les estimations plus détaillées selon le groupe d’âge, le stade au moment du diagnostic, le lieu de résidence (urbain ou rural) et le quintile de revenu sont fondées sur les fichiers partagés du Système national de déclaration des cas de cancer et du Registre canadien du cancer.
Les estimations tenant compte du stade au moment du diagnostic se limitent aux années pour lesquelles des données nationales complètes étaient disponibles, soit de 2011 à 2017, et ont été recueillies selon le système de stadification concertée. Les données excluent le Nouveau-Brunswick, où le stade du cancer du col de l’utérus n’a pas été consigné au moment du diagnostic.
Pour analyser l’incidence de la pandémie sur les taux de nouveaux cas en 2020, on a utilisé le fichier principal du Registre canadien du cancer (1992 à 2020), accessible par le Centre de données de recherche. Cela a permis d’exclure le Québec et la Nouvelle-Écosse, dont les données complètes n’étaient pas disponibles, et de procéder à une estimation plus complexe du taux moyen sur cinq ans avant la pandémie (de 2015 à 2019) afin de le comparer avec celui de 2020. Ce fichier a également servi à estimer les taux par province et pour les territoires, en utilisant les données combinées les plus récentes disponibles sur cinq ans avant la pandémie pour chaque administration. Les cas de cancer du col de l’utérus sont définis selon les critères présentés au tableau 4.
Tableau 4 : Définitions des nouveaux cas de cancer du col de l’utérus
| Année de diagnostic | Classification | Définition |
|---|---|---|
| 1969 to 1991 | CIM-9 | 180 - néoplasme malin du col de l’utérus |
| 1992 to 2020 | CIM-O-3 | Topographie : C53 (col de l’utérus) Comportement : 3 (malin) Histologie : toutes les histologies sauf les tumeurs mésothéliales (9050-9055), le sarcome de Kaposi (9140), et les tumeurs hématopoïétiques et lymphoïdes (9590-9993) |
Remarques :
- CIM-9 = Classification statistique internationale des maladies et problèmes de santé connexes, neuvième édition
- CIM-O-3 = Classification internationale des maladies pour l’oncologie, troisième édition
Région de résidence et revenu
Le code postal de résidence habituelle au moment du diagnostic du cancer du col de l’utérus a été associé au statut urbain ou rural et au quintile de revenu du ménage, avant impôts, fondé sur la zone géographique, en utilisant la bonne version du Fichier de conversion des codes postaux plus (FCCP+), correspondant à la mise à jour du code postalFootnote 66 (voir Tableau 5). Pour les cas diagnostiqués entre 1992 et 2018, le FCCP+ a permis d’attribuer un quintile de revenu du quartier et une désignation de résidence urbaine ou rurale pour respectivement 98,2 % et 97,6 % des cas. Les résidences urbaines sont définies comme celles situées dans une région métropolitaine de recensement ou une agglomération de recensement. Toutes les autres résidences sont considérées comme rurales ou situées dans de petites villes. Les régions rurales et petites villes du Canada désignent les villes ou municipalités (subdivisions de recensement) qui se trouvent à l’extérieur de la zone de navettage des grands centres urbains (moins de 50 % de la population active se déplace vers un centre urbain pour le travail)Footnote 67.
Tableau 5 : Versions du FCCP+ utilisées pour les cas de cancer du col de l’utérus
| Année du diagnostic | Année de recensement la plus proche | La plus appropriée Version du FCCP+ |
|---|---|---|
| 1992-1993 | 1991 | 2J |
| 1994-1998 | 1996 | 3J |
| 1999-2003 | 2001 | 4J |
| 2004-2008 | 2006 | 5J |
| 2009-2013 | 2011 | 6D |
| 2014-2018 | 2016 | 7E |
Remarques :
- FCCP+ = Fichier de conversion des codes postaux plus
Mortalité
Les données sur les décès dont la cause sous-jacente était un cancer du col de l’utérus proviennent des sources suivantes :
- un fichier partagé de la Base canadienne de données sur les décès de la Statistique de l’état civil (1950 à 1999)
- le tableau 13-10-0142-01 de Statistique Canada (2000 à 2022)
- le fichier maître de la Base canadienne de données sur les décès de la Statistique de l’état civil (2018 à 2022), accessible par le Centre de données de recherchefootnote 68footnote 69
Ce fichier a servi à estimer les taux par province et pour les territoires, en utilisant les données combinées les plus récentes disponibles sur cinq ans pour chaque administration. Les décès attribuables au cancer du col de l’utérus sont définis selon le tableau 6.
Tableau 6 : Définitions des cas de décès attribuables au cancer du col de l’utérus
| Année du décès | Classification | Définition |
|---|---|---|
| 1950 à 1957 | CIM-6 | 171 - néoplasme malin du col de l’utérus |
| 1958 à 1968 | CIM-7 | 171 - néoplasme malin du col de l’utérus |
| 1969 à 1978 | CIM-8 | 180 - néoplasme malin du col de l’utérus |
| 1979 à 1999 | CIM-9 | 180 - néoplasme malin du col de l’utérus |
| 2000 à 2022 | CIM-10 | C53 - néoplasme malin du col de l’utérus |
Remarques :
- CIM: Classification statistique internationale des maladies et problèmes de santé connexes (le chiffre indique la révision)
Notre analyse exclut les décès des non-résidentes du Canada et des résidentes du Canada décédées à l’étranger. Puisque les décès survenus au Yukon entre 2017 et 2022 n’étaient pas disponibles, les décès dus au cancer du col de l’utérus dans ce territoire ont été imputés. En bref, les décès de résidentes du Yukon attribuables au cancer du col de l’utérus survenus au cours des six années les plus récentes disponibles avant 2017 ont été attribués aléatoirement aux années 2017 à 2022, puis ajoutés au fichier analytique final.
Estimations de la population
Les estimations de la population pour la période de 1950 à 2022 sont fondées sur les données du recensement. Les estimations de 1950 à 1970 ne tiennent pas compte du sous-dénombrement net du recensement et excluent les résidentes non permanentesFootnote 70. À partir de 1971, les estimations sont ajustées pour le sous-dénombrement net du recensement et incluent les résidentes non permanentes à compter de 1991footnote 71Footnote 72Footnote 73.
Les estimations de la population selon les quintiles de revenu du ménage fondés sur le quartier ont été obtenues auprès de Statistique Canada dans le cadre d’une demande de totalisations spéciales fondée sur les données du recensement et le FCCP+Footnote 74. Le revenu du ménage fondé sur le quartier se base sur le revenu déclaré au recensement, ajusté en fonction de la taille du ménage. Les quintiles de revenu du ménage fondés sur le quartier sont établis séparément pour chaque région métropolitaine de recensement, chaque agglomération de recensement et les autres régions résiduelles de chaque province ou territoire. Plus précisément, les quartiers de chaque zone sont classés en fonction du revenu du ménage, du plus bas au plus élevé, puis divisés en cinq groupes, de manière à ce que chaque groupe représente environ un cinquième de la population totale de la zone. Les statistiques sont présentées par quintile de revenu du ménage à l’échelle locale plutôt que nationale, car le coût du logement et des autres biens essentiels varie considérablement d’une région à l’autre au Canada.
Dépistage du cancer du col de l’utérus
Les estimations de la proportion de femmes de 25 à 69 ans ayant déclaré avoir passé un test Pap au cours des trois dernières années dans les provinces canadiennes, entre 1996 et 2017, proviennent :
- de l’Enquête nationale sur la santé de la population de 1996-1997 et de 1998-1999Footnote 75
- de l’Enquête sur la santé dans les collectivités canadiennes (2000-2001, 2003, 2005, 2008, 2012 et 2017)Footnote 76
Les données antérieures à 1996 n’ont pas été utilisées, car elles ne permettaient pas de corriger les estimations en fonction des femmes ayant subi une hystérectomie. Pour toutes les enquêtes, sauf celle de 1998-1999, les estimations ont été corrigées en excluant de l’analyse les femmes ayant déclaré ne pas avoir passé de test Pap au cours des trois dernières années parce qu’elles avaient subi une hystérectomie. Dans le cas de l’enquête de 1998-1999, comme la raison n’était pas précisée, toutes les femmes ayant déclaré une hystérectomie ont été exclues. Pour les années où il était possible d’appliquer les deux méthodes, les différences entre les pourcentages normalisés selon l’âge à l’échelle nationale étaient inférieures à 0,8 point de pourcentage.
Les tendances sont présentées pour le Canada, à l’exclusion des territoires, pour la période de 1996 à 2017, car ceux-ci ne faisaient pas partie de la population cible de l’Enquête nationale sur la santé de la population. Toutefois, les résultats détaillés de l’Enquête sur la santé dans les collectivités canadiennes de 2017 incluent les données recueillies dans les territoires en 2017 et 2018.
Méthodes
Les méthodes d’analyse comprenaient la normalisation selon l’âge et l’analyse des tendances.
Normalisation selon l’âge
Les taux ont été normalisés selon l’âge au moyen de la méthode directe et en utilisant la structure de la population canadienne postcensitaire de 2011footnote 77.
Analyses des tendances
Pour quantifier les tendances, nous avons utilisé le logiciel Joinpoint Regression Program, version 5.0.2, avec les paramètres par défautfootnote 78. La méthode du critère d’information bayésien pondéré a servi à la sélection des modèles. Les intervalles de confiance ont été calculés à l’aide de la méthode des quantiles empiriques.
Fiabilité et confidentialité
Tous les cas de cancer du col de l’utérus et les décès rapportés ont été arrondis de manière aléatoire impartiale en utilisant une base de 5. Les taux selon l’âge sont présentés à partir de données arrondies, tandis que les taux normalisés selon l’âge sont calculés à partir des données observées.
Toutes les estimations issues des enquêtes de Statistique Canada respectent les lignes directrices recommandées en matière de diffusion, notamment en ce qui concerne le nombre de répondants ayant contribué à l’estimation et le coefficient de variation associé. Lors de l’examen des estimations sur une période donnée, ce sont les lignes directrices en matière de diffusion les plus strictes applicables durant cette période qui ont été retenues.
Limites
Plusieurs limites doivent être prises en compte lors de l’interprétation des résultats présentés dans cette publication. Premièrement, les données du Registre canadien du cancer et de Base canadienne de données de l’état civil – Décès peuvent faire l’objet de retards de déclaration. Les cas de cancer récemment diagnostiqués sont davantage sous-estimés dans la dernière année disponible, avec un écart d’environ 2 à 3 % à l’échelle nationale. Les données sur les décès de 2019 à 2022 sont considérées comme provisoires. Deuxièmement, les estimations de la population n’ont pas été ajustées pour tenir compte des hystérectomies. Les taux d’incidence et de mortalité sont donc probablement sous-estimés. Troisièmement, les données sur le dépistage du cancer du col de l’utérus et sur la couverture vaccinale contre le VPH proviennent d’enquêtes auprès de la population, qui sont susceptibles de comporter des erreurs en raison de la non-réponse, du biais de désirabilité sociale ou des problèmes potentiels de mémoire.
Remerciements
L’Agence de la santé publique du Canada (ASPC) remercie chaleureusement ses collègues de l’ASPC, le Partenariat canadien contre le cancer et les membres du Conseil canadien des registres du cancer pour leurs commentaires éclairés sur les versions préliminaires de ce rapport.
Ce rapport repose sur des données provenant de plusieurs bases administratives et enquêtes : le Système national de déclaration des cas de cancer, le Registre canadien du cancer, la Base canadienne de données sur les décès de la Statistique de l’état civil, l’Enquête nationale sur la santé de la population et l’Enquête sur la santé dans les collectivités canadiennes. Statistique Canada recueille et gère ces données, et en permet l’accès à l’ASPC avec le consentement éclairé des fournisseurs de données (provinces et territoires, personnes participant aux enquêtes). Nous leurs sommes très reconnaissants de leur coopération.
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